Antananarivo, 1er Février, 8h00 – Madagascar dispose d’importantes ressources en eau, mais manque de volonté pour investir dans le secteur Wash (Water sanitation hygien – Eau, assainissement et hygiène). Cette phrase résume l’essentiel du débat public organisé par le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC) sur le thème de l’accès à l’eau dans la Grande île, vendredi dernier. Si les recommandations internationales estiment que la part du secteur Wash ne doit pas être en dessous de 0,5% du PIB pour l’assainissement uniquement, à Madagascar cette part est de 0,3% du PIB en 2018 et 0,27% du PIB en 2020 pour l’ensemble du secteur. « Madagascar est encore loin de ses engagements internationaux en matière de dépense pour le secteur Wash », affirme Safira Rakotonirina, chargée de projets auprès du CCOC durant son exposé.
De nombreuses recommandations ont été émises au cours de la rencontre de vendredi afin de remédier à ce problème, mais surtout d’améliorer l’accès à l’eau. Le CCOC prône, entre autres, un renforcement du budget alloué au secteur, particulièrement en ressources propres internes, ainsi que davantage d’ééquité en matière d’allocations budgétaires. Ainsi, les régions d’Atsimo Atsinanana et d’Analamanga sont, par exemple, dotées d’un budget de 45,16 millions d’Ariary pour la première et de 40,03 millions d’Ariary pour la secondealors que « le taux d’accès à l’eau de la population est de 11% pour l’Atsimo Atsinanana et de 74% pour l’Analamanga » précise Safira Rakotonirina.
Aurel Clyde Rabehanta, chargée de campagne et de communication auprès de l’ONG WaterAid Madagascar regrette, pour sa part, la faiblesse de la participation de l’Etat en matière d’investissement dans le secteur. « La volonté à affecter du budget dans le secteur afin de répondre aux besoins de la population reste un point d’interrogation », soulève-t-elle. Elle mentionne pourtant que « plusieurs solutions s’offrent à Madagascar » pour résoudre les problèmes d’accès à l’eau. Elle parle, entre autres, du détournement des grands fleuves vers d’autres points de rétention d’eau au lieu de les laisser se déverser dans la mer, ou encore de la dessalinisation. « Des ingénieurs malgaches ont déjà travaillé sur ces projets récemment », indique-t-elle.
Photo : Capture d’écran du débat public sur l’accès à l’eau organisé par le CCOC
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