Antananarivo, 16 Mai, 7h42 – « Nous alertons les autorités, particulièrement le ministère concerné, que les essaims de criquets sont arrivés dans la ville d’Ankilizato ce dimanche 15 Mai. La riziculture en souffre. Nous espérons une prise de responsabilité ». L’appel à été lancé par le député élu à Mahabo, dimanche. Mais elle n’était pas la seule à avoir sonné le tocsin. Dimanche soir, Mokhtar Salim Andriatomanga, le gouverneur du Boeny, a aussi invité les habitants de sa région à « signaler les sites où les criquets se mettent au repos pour que les techniciens puissent y venir avec les pesticides ».
La campagne de lutte anti-acridienne avait démarré depuis Septembre, mais la suspension de l’approvisionnement en pesticides vers la fin du premier trimestre et le début du deuxième trimestre avait déjoué les prévisions. En l’absence de pesticides, la troisième génération de criquets a éclos. Or, les populations de cette génération ont un niveau de grégarité élevé, comme l’avait déjà signalé le bulletin acridien de la troisième décade de Mars 2022. Ce qui explique le caractère impressionnant des essaims. « Il aurait fallu éliminer rapidement les populations groupées observées pour limiter les dégâts et empêcher l’amplification de l’effet de sensation observé », avaient d’ailleurs déjà regretté les acteurs vers fin Mars.
Cela fait plusieurs semaines que les essaims de criquets dont les larves n’ont pu être traitées plus tôt sont ainsi observés sur la partie Ouest du pays, notamment dans le Menabe. Les superficies qu’ils couvrent ne cessent de s’élargir, inquiétant les agriculteurs du Sud du pays et de l’Ouest et du Nord-Ouest. L’Atsimo Andrefana, le Menabe, l’Ihorombe, le Boeny et le Sofia sont les zones les plus touchées. La semaine dernière, les autorités se sont encore voulu rassurantes en indiquant que « la lutte contre l’invasion acridienne avait démarré en Septembre et se poursuit jusqu’à maintenant ».
Le Centre national de lutte anti-acridienne (IFVM) avait évoqué un traitement de 125.000 ha de superficie entre Septembre 2021 et Avril 2022. « Si nous n’avions pas réagi aussi tôt les choses auraient été pires », avait encore signalé Harifidy Ramilison, ministre de l’Agriculture et de l’élevage.
Photo : Gouverneur de Boeny














