Antananarivo, 19 Septembre, 15h57 – Des piques à peine voilées contre certains exportateurs de vanille. Certaines sommes qui doivent revenir à Madagascar ne reviennent pas au pays », lance le président de la République, Andry Rajoelina, devant les opérateurs de la filière vanille à Antalaha au cours d’une rencontre, vendredi. A l’entendre, « seules 35% des recettes des exportations de vanille sont rapatriées ».
Or, « l’économie du pays est fortement dépendante de la vanille », souligne le chef de l’Etat. « Quand la vanille vacille, l’économie de Madagascar vacille », poursuit-il. C’est ainsi qu’il assure vouloir « regarder de près le rapatriement des devises sur les exportations de vanille ». Le chef de l’Etat est d’autant plus emporté contre certains exportateurs qu’il accuse de vendre la vanille préparée entre 150 et 170 dollars le kilo que « nous avons déjà fixé un prix de référence à 250 dollars par kilo ».
Lorsque le ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat (Mica) avait publié en Juillet un arrêté fixant le prix minimum de référence de la vanille préparée à 250 dollars par kilo pour la campagne 2020-2021 démarrant le 15 Septembre, un collectif d’exportateurs avait contesté la décision. Le collectif avait, entre autres, argué que sur la base du prix auquel la vanille verte a été achetée auprès des producteurs, le prix de la vanille préparée devait être de 150 à 170 dollars le kilo.
En riposte, des exportateurs qui soutiennent le prix de référence fixé par l’Etat, avaient dénoncé que « certains exportateurs vendent en-deçà du prix minimum fixé par l’Etat tout en facturant aux prix fixé par l’Etat ». Dans un communiqué publié en Juillet, ils avaient appelé le gouvernement à « sanctionner tous ceux qui n’ont pas rapatrié la totalité des devises qu’ils se sont engagés à rapatrier au prix de 350 dollars », faisant référence au prix minimum fixé par le gouvernement en février 2020, quelques mois avant la fin de la campagne de la vanille préparée de 2019-2020.
Dans une récente analyse sur l’évolution du taux de change, la Banque centrale, de son côté, a évoque sur la période Janvier à Juillet 2020 une confirmation de « l’assèchement des recettes d’exportations liées à la vanille avec une diminution de 44% par rapport à 2019 ». Celles-ci sont passées de 266,96 millions de dollars de Janvier à Juillet 2019 à 147,05 millions de dollars à la même période en 2020.
Photo : Présidence de la République














