Antananarivo, 3 Juin, 7h45 – Trois modules viennent d’être insérés dans le curriculum de formation des élèves magistrats de l’Ecole nationale de la magistrature et des greffes (ENMG). Il s’agit des modules de formation relatifs à la lutte contre la corruption, au trafic d’espèces sauvages et aux flux financiers illicites, présentées officiellement vendredi. Ces modules seront désormais dispensés aux élèves-magistrats qui viennent se former auprès de cette grande école sous tutelle du ministère de la Justice.
L’intégration de ces modules, qui répond à la fois à l’axe stratégique de l’éducation liée à l’environnement et l’intégrité mais aussi à l’application de la loi, contribuera à la protection et la préservation des ressources naturelles du pays, souligne le directeur de l’Unité de lutte contre la corruption au sein du ministère de l’Environnement et du développement durable, Harinaivo Andrianirina. Il martèle que les méfaits de la corruption et du trafic des espèces sauvages perdurent et que le patrimoine naturel de Madagascar en est victime.
Anne Williams, la directrice générale de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) souligne également l’importance d’avoir ce genre de formation très pratique dans le système de formation à la magistrature. La représentante du ministère de la Justice ayant participé à la présentation de ces nouveaux modules a d’ailleurs expliqué que ces nouvelles matières vont renforcer la capacité des magistrats, aussi bien ceux déjà en exercice que ceux qui vont suivre la formation initiale à l’ENMG. « Les magistrats doivent avoir non seulement une bonne maitrise des sujets qu’ils traitent mais également une meilleure connaissance des enjeux et des conséquences sociales, environnementales et économiques de chaque infraction », a-t-elle exposé.
L’enjeu est de taille, soulève, de son côté, le directeur général de l’ENMG, Anthony Ramarolahihaingonirainy. Celui-ci explique que le droit de l’environnement ne figure pas dans le tronc commun du droit public et droit privé enseigné auprès des universités à Madagascar, qu’elle soient publiques ou privées. Raison pour laquelle les magistrats malgaches ont une certaine difficulté par rapport au droit de l’environnement.
Une formation continue sur le droit de l’environnement a toutefois déjà été dispensée aux magistrats en exercice dans plusieurs régions du pays. L’objectif était de les initier et de renforcer leur capacité dans ce domaine. Un manuel spécifique sur l’environnement à l’usage des magistrats a également déjà été élaboré, confie le directeur général de l’ENMG. Le droit à l’environnement est cette-fois proposé pour ceux qui vont suivre la formation initiale à l’ENMG, avec les trois modules nouvellement insérés dans leur curriculum de formation.














