Les Jeux des îles sont nos mini-Jeux Olympiques, a bien résumé le Ministre mauricien des sports. À cette petite réserve que 20% des disciplines peuvent ne pas être olympiques. Et que le handball ou le tennis ont été écartés. Et que la pétanque ne figure à l’agenda que quand les Jeux font escale à Madagascar (champion du Monde 1999 et 2016). Pour ces dixièmes JIOI, quatorze sports (un sport se décompose en plusieurs disciplines, comme le Ski qui en compte six) sont au programme : athlétisme, badminton, basketball, beachvolley, boxe, cyclisme, football, haltérophilie, judo, natation, rugby, tennis de table, voile, volleyball.
La Charte des Jeux des îles se fixe des objectifs généreux : «instaurer l’amitié et la compréhension mutuelle entre les peuples des îles de l’Océan Indien, établir une solidarité entre les îles». Madagascar, Comores, Maldives, Maurice, Mayotte, Réunion, Seychelles : les sept îles de notre région de l’Océan Indien aiment à s’appeler «sœurs», et, comme dans toutes les réunions famille, des querelles surviennent régulièrement.
Les Malgaches n’ont pas oublié le geste de cette officielle réunionnaise, Catherine Paoli, arracher brutalement le drapeau malgache que s’apprêtait à déployer l’athlète Marthe Rasilinirina, médaillée d’or aux 3000 mètres steeple. C’était le mardi 4 août 2015. Elle avait appliqué bêtement des règlements amendés in extremis qui prétendaient interdire toute manifestation de nationalisme (cf. Chronique VANF, «Les Jeux des îles chauvines», L’Express de Madagascar, 10 août 2015). Interdiction absurde et inapplicable : que seraient des joutes internationales sportives sans chauvinisme ! Hymnes nationaux, couleurs des pays, participent à cette ambiance particulière d’agressivité joyeuse, exutoire salutaire à des pulsions plus bellicistes qui, «deux fois en l’espace d’une génération», avaient embrasé l’Europe et fait quarante-cinq millions de victimes sur tous les continents .
Comoriens et Mahorais doivent également chaque fois se demander comment se dérouleront leurs «retrouvailles». Les Comores (et les Nations Unies) refusent que Mayotte soit Département français, mais les Mahorais leur chantent volontiers La Marseillaise au nez, tandis que les milliers de kwassa-kwassa qui quittent les Comores pour rejoindre clandestinement Mayotte semblent démontrer que les Mahorais auraient fait le bon choix aux référendums de 1974, 1976, 2000 et 2009. En 2015, les Comores avaient quitté les Jeux parce que Mayotte avait défilé derrière le drapeau français lors de la cérémonie d’ouverture : c’est que, consultée, la population mahoraise avait accepté que leur île devienne le 101ème Département français (depuis 2011).
À ces dixièmes JIOI, c’est la quatrième participation de Mayotte dont la candidature à l’organisation des JIOI 2027 a été acceptée par les autres îles du Conseil international des Jeux, malgré le refus, prévisible, des Comores qui, par ailleurs, se plaignent de ne pas être pris au sérieux quand elles se proposent d’organiser les JIOI 2023… Au football, ce 18 juillet 2019, les Hippocampes de Mayotte ont battu les Coelacanthes des Comores 2-0…














