Des explications. La tenue de la 39ème session ordinaire de l’Assemblée a été l’occasion pour les responsables de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) d’expliquer à la Commission de l’Union africaine pourquoi elle n’a pas sanctionné Madagascar, comme l’a fait l’Union africaine. “La SADC a choisi de travailler de manière constructive avec les autorités intérimaires afin de faciliter les réformes et de préparer le terrain aux élections, plutôt que d’opter pour une suspension”, indique un communiqué de l’organisation continentale qui rapporte une rencontre entre Elias Magosi, secrétaire exécutif de la SADC, et Mohamed Idriss Farah, envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine, à Addis Abeba.
Pour la SADC, son approche, qu’elle qualifie “réfléchie, structurée et éclairée” vise surtout à “favoriser une solution durable et portée au niveau national”. Elle n’en affirme pas moins que la situation à Madagascar est traitée “conformément aux structures établies de l’Organe de la SADC chargé de la politique, de la défense et de la coopération en matière de sécurité” et qu’elle demeure “fermement engagée en faveur de la promotion d’un dialogue inclusif et du respect de l’ordre constitutionnel”. Elias Magosi a notamment “insisté sur l’importance de tirer les leçons de la crise de 2011 afin d’éviter la répétition des difficultés passées”, indique encore le communiqué de la SADC.
L’organisation régionale attend donc, comme déjà annoncée, que les autorités de la Refondation soumettent “d’ici la fin du mois de février, un rapport présentant les avancées réalisées sur les réformes convenues”. Mais celles-ci sont aussi attendues sur “une feuille de route claire pour guider les réformes institutionnelles et la transition vers un pouvoir civil, devant aboutir à des élections crédibles et inclusives”.
L’Union africaine qui a suspendu Madagascar de ses organes, pour sa part, a rappelé à l’issue de son sommet son “engagement sans faille en faveur d’une tolérance zéro à l’égard des changements anticonstitutionnels de gouvernement”. Lors de sa rencontre avec Elias Magosi, Mohamed Idriss Farah a mis en avant “l’importance d’une collaboration étroite entre l’Union africaine et la SADC pour soutenir la transition à Madagascar”. Pour lui, bien que Madagascar subisse “l’impact récent de deux cyclones ayant engendré des besoins humanitaires urgents”, le processus de dialogue politique inclusif doit se poursuivre. Il a insisté sur la nécessité d’un “appui coordonné pour accompagner” la Grande île “dans la stabilisation et le relèvement”.














