Des solutions alternatives. Alors que l’électricité n’est pas encore rétablie dans sa totalité à Toamasina après le passage du cyclone Gezani, les habitants se ruent vers les générateurs domestiques pour maintenir un minimum d’activités. La demande étant en hausse, les quincailleries et les revendeurs spécialisés sont pris d’assaut.
“Nous avions un kit anti-délestage pouvant tenir quelques jours. Aujourd’hui, il est hors service et nous peinons à trouver une autre solution depuis deux jours”, déplore Mika Rakotobe, transitaire et père de famille habitant dans le quartier de Tanamborizano. Comme de nombreux foyers, il cherche à acquérir un générateur, ne serait-ce que pour assurer l’alimentation électrique entre 18 heures et 22 heures, afin de faire fonctionner la cuisinière et préparer les repas quotidiens.
Dans plusieurs quartiers, la solidarité s’organise. Des voisins se regroupent et cotisent pour financer l’achat et le transport d’un générateur depuis la capitale. Toutefois, le coût élevé de l’équipement et les frais d’acheminement constituent un obstacle supplémentaire dans un contexte déjà fragilisé par les dégâts du cyclone.
“Les taxi-brousse à destination de Toamasina sont remplis de groupes électrogènes ”, confie Hanitra Raivotiana, mère de famille qui vient de déposer un colis auprès d’une coopérative, samedi. Elle a, pour sa part, envoyé un powerbank pour son époux en mission dans la Ville du Grand Port”. “Ils ont un générateur au bureau, mais il m’a demandé de lui envoyer ce powerbank pour tenir quand il est à la maison”, raconte-t-elle.
À la suite du passage du cyclone Gezani, survenu récemment dans la région du grand port, près de 90 % du réseau électrique de la Jirama a cessé de fonctionner. La compagnie nationale d’eau et d’électricité a parlé de la chute d’une dizaine de transformateurs et de la dégradation de plus de 100 poteaux électriques. Depuis plusieurs jours, les habitants de Toamasina vivent sans électricité, une situation appelée à perdurer encore plusieurs jours, selon les estimations officielles.
Par ailleurs, la situation évolue progressivement sur le plan de l’approvisionnement en eau potable. La Jirama indique que la station de production de Farafaty a été remise en service dans la nuit, permettant une reprise graduelle de la distribution. Les quartiers de Barikadimy et Mangarano figurent parmi les premiers réapprovisionnés, tandis qu’un retour progressif de l’eau est attendu dans la majorité de la ville.
En parallèle, les équipes techniques poursuivent les travaux de réparation des infrastructures électriques de moyenne tension dans le centre-ville, sous la coordination du directeur général par intérim, le général Hajatiana Rasolomanana. Selon lui, “la priorité est accordée aux lignes alimentant les hôpitaux, la prison, les camps militaires, les banques et les services administratifs”. Selon les estimations de la compagnie, le rétablissement complet du réseau électrique pourrait nécessiter jusqu’à deux mois, en raison de dommages majeurs touchant près de 95 % des installations.














