Washington devrait trancher à la fin de ce premier trimestre. Le projet « Digital and energy connectivity for inclusion in Madagascar » (DECIM) passera devant le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 30 mars 2023 pour approbation. Il s’agit d’un projet financé à hauteur de 400 millions de dollars par cette institution de Bretton Woods, et ayant pour but d’améliorer de manière significative le taux d’accès à l’électricité et la connectivité numérique à Madagascar.
La Banque mondiale, le ministère de l’Energie et des hyrocabures (MEH) et le ministère du Développement numérique, de la transformation digitale, des postes et des télécommunications (MNDPT) ont déjà travaillé sur ce projet. Plusieurs réunions de travail ont eu lieu pour leur permettre de discuter des dispositions institutionnelles et de la gouvernance nécessaire pour sa mise en œuvre. Le MNDPT avait par exemple rapporté des discussions autour des réformes des cadres légaux pour les secteurs de la télécommunication et de l’énergie.
La représentante de la Banque mondiale à Madagascar, Marie-Chantal Uwanyiligira indique que ce projet entre dans le cadre de l’initiative Electrifying Africa. La Banque mondiale va notamment contribuer à valoriser les ressources renouvelables du pays et doubler le taux d’accès à l’électricité de la Grande île de 30% à 66% d’ici 2030 à travers le Decim.
La @WB_Madagascar va contribuer à valoriser ces ressources et doubler le taux d’accès à l’électricité à Madagascar de 30 à 66% d’ici 2030. Cela à travers le prochain projet de connectivité digitale et énergétique de $400million faisant partie de l’Initiative Electrifying Africa. https://t.co/1LqFUaZucQ
— Marie-Chantal Uwanyiligira (@MUwanyiligira) February 19, 2023
Ce projet consiste à élargir l’accès aux énergies renouvelables et aux services numériques à Madagascar. Il tient compte de l’hybridation des centrales de production d’électricité de la Jirama dans des zones isolées, le développement des mini-réseaux avec l’Agence de développement de l’électrification rurale (Ader), le développement du marché de kits solaires ou encore le déploiement d’infrastructures numériques en milieu rural.
Il est attendu de ce projet l’accès à l’électricité et aux services numériques pour 10 millions de personnes supplémentaires, l’hybridation d’une trentaine de centrales de la Jirama, la réhabilitation ou le développement de 150 mini-réseaux de l’Ader. L’électrification de 1000 de 2 000 écoles et de 1 000 centres de santé de base est également dans les objectifs.
Le Président de la République Andry Rajoelina a reconnu lors de la table ronde sur l’énergie en marge du Sommet de l’Union Africaine que la capacité de production actuelle, évaluée entre 500 et 600 mégawatts est largement insuffisant pour couvrir les besoins en énergie de plus de 26 millions de malgaches. Il rassure néanmoins que Madagascar met en valeur ses ressources hydrauliques, solaires et éoliennes pour les rendre accessibles à tous les Malgaches.
Selon la Banque mondiale, au rythme actuel de l’électrification en Afrique subsaharienne, plus d’un demi-milliard de personnes demeureront privées d’électricité en 2030, à moins de tripler la cadence. D’après ses dernières projections, seuls huit pays de cette région parviendront à généraliser l’accès à l’électricité à l’horizon 2030, d’autres mettront plus d’un siècle à se doter d’un réseau global.














