Le Cercle de réflexion des économistes de Madagascar (Crem) pointe du doigt un modèle économique excessivement dépendant de l’aide extérieure. Le coordonnateur national de cette association, Andriampeno Ramiliarison, regrette que cette quête de partenariats ou de coopérations avec des entités étrangères, qui finissent par dicter les politiques publiques du pays, soit devenue un motif de fierté pour les dirigeants successifs. Le Crem s’est exprimé sur le sujet lors d’une rencontre avec la presse, vendredi.
Le président du Conseil d’administration du Crem, le Dr David Olivaniaina Rakoto, soutient que la clé du financement du développement réside dans “la bonne gouvernance, la mobilisation des ressources internes et une fiscalité équitable”. “Cela permettrait à Madagascar de ne plus dépendre exclusivement de l’aide extérieure”, explique-t-il.
Comme recommandation, le Crem préconise une “optimisation de la dépense publique, couplée à une politique de tolérance zéro envers la corruption”. Le Cercle préconise également une réforme fiscale. Une disposition qui devrait permettre de “mieux capter les rentes économiques, de réduire les exonérations injustifiées et de renforcer la capacité de l’Etat à financer les investissements productifs”.
La promotion de la production locale devrait également devenir le pilier d’une stratégie d’industrialisation intégrée. Le renforcement d’un tissu productif local et la transformation des ressources par l’expertise nationale présente un double objectif qui est de substituer durablement les importations stratégiques et de garantir la création d’emplois pérennes.
L’économiste Andriampeno Ramiliarison soutient que la valorisation et la transformation des matières premières de Madagascar, pourtant convoitées à l’échelle mondiale, ont en effet été négligées. “Nous manquons cruellement de capacité de négociation stratégique dans ce secteur”, lâche-t-il.














