Antananarivo, 22 Novembre, 7h18. Un secteur sous perfusion. Le transfert budgétaire que l’Etat prévoit de dédier pour le secteur de l’énergie est de 637 milliards d’ariary pour l’année prochaine. Sans détailler la répartition de ce transfert, la ministre de l’Economie et des finances (MEF), Rindra Rabarinirinarison s’est contentée d’indiquer, à l’issue de la présentation du projet de Loi des finances (PLFI) 2023 à l’Assemblée nationale, qu’il s’agit de la ligne budgétaire affectée pour la subvention de la Jirama, le règlement de la facture en eau et en électricité de l’administration ainsi que le paiement des arriérés envers les pétroliers.
« La Jirama n’a pas encore atteint son autonomie financière et l’Etat apporte donc son appui », se justifie le grand argentier. Une grande partie de ce transfert de 637 milliards d’ariary pourrait certainement être affectée pour cette société d’Etat. A rappeler que l’engagement de limiter la subvention versée à la Jirama à 380 milliards d’ariary en 2021 a été révisé à 500 milliards d’ariary dans la loi des Finances rectificative 2022, compte tenu de la hausse des coûts de production d’électricité suite à l’augmentation des prix mondiaux du pétrole.
Or, indépendamment de cette subvention opérationnelle, l’État s’est engagé dans le dernier Mémorandum de politique économique et financière (MPEF) avec le Fonds monétaire international (FMI) à payer toutes ses factures d’eau et d’électricité, une fois auditées, estimées à environ 30 milliards d’ariary en 2022. Il est souligné dans ce document que l’Etat a des arriérés liés à des factures impayées de l’ordre de 305 milliards d’ariary envers la Jirama. Le calendrier de paiement de ces arriérés est toutefois subordonné à la fourniture de factures auditées. Les autorités avaient par ailleurs annoncé leur projet d’installer des compteurs prépayés pour l’administration dans le cadre du nouveau plan d’affaires de la Jirama afin de limiter les risques futurs de factures impayées.
Pour ce qui est du paiement envers les compagnies pétrolières, les autorités malgaches estimaient dans ce MPEF que des transferts pour les pétroliers sont nécessaires cette année afin d’apurer les dettes nettes existantes à la fin de 2021 et maintenir les dettes brutes sous le nouveau plafond de 300 milliards d’ariary convenu avec le FMI, en l’absence de nouvelles augmentations des prix à la pompe.
L’Etat estime entre 237 milliards d’ariary et 347 milliards d’ariary son passif net envers ces pétroliers à la fin du mois de mai 2022. Ce, après avoir déduit les arriérés de ces distributeurs de carburant envers le Fonds d’entretien routier (FER), les arriérés de paiement de la taxe sur les carburants et ce qu’ils doivent au ministère de l’Energie et des hydrocarbures pour la Redevance de développement du secteur (RDS).














