La journée du dimanche 23 août devait marquer la fermeture de la décharge de Dar es Salam, à Conakry. Elle a finalement été consacrée aux opérations de secours après l’éboulement d’une partie du site sur des habitations, dans la nuit de samedi à dimanche. Au moins 30 personnes ont perdu la vie et 22 autres ont été blessées dans le drame, qui ravive la colère des habitants et les interrogations sur le calendrier de fermeture de cette décharge située au cœur d’une zone d’habitation.
La fermeture de la décharge de Dar es Salam avait été annoncée depuis juin 2026. Des opérations de libération et de sécurisation des emprises autour du site en raison des risques liés à son maintien à proximité des habitations avaient été annoncées depuis quelques semaines. Une mission technique avait notamment été déployée du 8 au 11 août pour effectuer des relevés topographiques et des reconnaissances géotechniques en vue d’une fermeture progressive et sécurisée.
Etapes préparatoires engagées
Le 20 août, soit trois jours avant la date annoncée pour la fermeture, les ministres guinéens en charge de l’Assainissement, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire, avaient rencontré les riverains et les travailleurs de la décharge. “Nous entrons désormais dans la phase concrète des travaux”, avait notamment déclaré le ministre de l’Assainissement, de l’hydraulique et des hydrocarbures, Aboubacar Camara, annonçant l’arrivée progressive des équipes de chantier à la fin du mois d’août pour notamment construire une clôture et sécuriser le périmètre.
Plusieurs étapes préparatoires à la fermeture avaient déjà été engagées. La mission technique d’août devait notamment permettre de mieux caractériser le site et son sous-sol, tandis que le gouvernement prévoyait de transférer les déchets vers Baritodé, dans le quartier de Kouria, dans la préfecture de Coyah, appelé à accueillir la future décharge destinée au Grand Conakry. Une fois fermée, Dar es Salam devait également faire l’objet d’un projet d’aménagement et de réhabilitation.
Des alertes répétées
Mais quelques heures avant la mise en œuvre de la fermeture annoncée, une partie de la décharge s’est effondrée vers 02h00 dans le quartier après de fortes pluies. Plusieurs habitations ont été emportées. Le drame provoque la colère des jeunes du quartier, qui affirment avoir alerté les autorités à plusieurs reprises sur les risques liés à la décharge.
“Nous les jeunes, on a tout fait pour éviter cela ! On a organisé des réunions, on a invité les responsables mais ils n’ont pas pris la chose au sérieux”, déplore Abou Hamza, l’un des responsables des jeunes de Dar es Salam, interrogé par l’AFP. Selon lui, les habitants réclamaient depuis environ un an la fermeture du site. “L’État n’a pas pris les mesures pour que la décharge soit fermée. Pourtant, ils nous avaient promis, cela fait un an”, affirme-t-il.
Opérations de secours
Au lieu de voir débuter la fermeture annoncée, les habitants, les secours et les autorités ont ainsi dû mobiliser d’importants moyens pour rechercher d’éventuelles personnes ensevelies et dégager les corps, dimanche. Des tractopelles ont fouillé les décombres pendant que des proches attendaient des nouvelles de leurs familles. Le bilan communiqué par le gouvernement fait état de 30 morts et de 22 blessés, dont six graves et 16 légers.
Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, s’est rendu sur le site dimanche. Le gouvernement indique avoir mobilisé des moyens humains et matériels pour rechercher les personnes encore ensevelies, secourir les victimes et dégager les corps. Des dispositions ont également été prises pour la prise en charge médicale des blessés et l’assistance aux personnes affectées.















