“Que vos actes soient plus nombreux que vos paroles”. La Conférence des évêques de Madagascar appelle à des actions concrètes alors que le pays traverse une situation sécuritaire précaire avec de nombreux signalements de disparition, parfois suivis de meurtres. Elle appelle ainsi les autorités à s’assurer que les choses n’empirent pas, et invite la population à ne pas céder aux violences.
“Veillez à ce que le mal ne gagne pas du terrain”, exhorte le Monseigneur Jean Pascal Andriantsoavina, vice-président de la Conférence épiscopale dans une déclaration vidéo diffusée sur la page Facebook de la Commission communication de la CEM. “Que toute la lumière soit faite sur les véritables causes de cette terreur et que cette affaire ne tombe pas dans l’oubli, comme cela arrive trop souvent”, déclare-t-il à l’intention des autorités.
A la population, l’Eglise catholique invite à ne pas se laisser entraîner dans les violences et les actes de vengeance. “N’acceptez pas d’être manipulés pour ôter la vie à autrui”, exhortent les évêques, rappelant que “la vie est sacrée”. Ils mettent en garde contre les risques d’instrumentalisation des tensions actuelles. Ils invitent les citoyens à éviter les accusations sans preuve, les rumeurs et les règlements de comptes fondés sur des soupçons ou des préjugés, qu’ils considèrent comme une menace pour la paix sociale.
Affirmant “ne pas savoir encore qui sont les auteurs ou les commanditaires de ces meurtres”, la CEM se demande “à qui profite le bain de sang que vit la population aujourd’hui”. “Allons-nous finir par nous entretuer entre nous ?”, s’interroge-t-elle encore. Elle s’inquiète particulièrement si les Malgaches ont perdu toute crainte de Dieu.
Rappelant ce qu’il dit être une valeur malgache, celle du respect à la vie qui est “précieuse et irremplaçable”, et invoquant le commandement biblique “tu ne tueras point”, le vice-président de la CEM martèle que ce n’est pas en tuant les personnes vulnérables et les enfants que nous allons sortir de la pauvreté”.















