Antananarivo, 3 Mars, 14h45 – Inadaptée au contexte local. La reproduction du calendrier scolaire européen à Madagascar est considérée par des spécialistes de la Banque mondiale comme un obstacle supplémentaire à l’achèvement de l’éducation de base. Ce choix pousse de nombreux enfants à quitter l’école au moment de la récolte, augmente l’absentéisme des enseignants et oblige des écoles à fermer pendant les cyclones et les fortes pluies. C’est ce que des spécialistes de cette institution de Bretton Woods ont exposé dans le résultat de leur recherche sur la relation entre l’éducation et la pauvreté.
Ces spécialistes de la Banque mondiale estiment qu’il est plus judicieux de s’adapter aux saisons agricoles et cycloniques locales. Ils rapportent qu’ « il existe des preuves que l’alignement du calendrier scolaire sur la saison agricole peut augmenter de manière significative la fréquentation scolaire et les niveaux d’éducation ». Et ceci bénéficierait particulièrement aux zones rurales où l’agriculture est une activité économique primaire, ont-ils ajouté.
Le Plan sectoriel de l’éducation (PSE) 2018-2022 avait déjà tenu compte de cette situation, en insistant sur la nécessité d’un profond remaniement du calendrier scolaire. Ce document juge le calendrier actuel comme favorisant l’absentéisme des élèves et des enseignants pendant la saison des pluies et la période de soudure de décembre à février.
Aussi, dans ce PSE, il était prévu en 2019 une rentrée qui devait se situer au mois de février et se terminer au mois de novembre. Pour l’année scolaire 2020, ce plan national prévoyait de l’étaler du mois de mars à décembre. Dans ce calendrier scolaire avancé dans le PSE, la durée des grandes vacances devait être de deux mois et demi à trois mois et la durée des vacances courtes ne devait pas dépasser deux semaines.
La rétention des enfants à l’école reste en tout cas un problème majeur car moins d’un tiers d’entre eux passent de la première à la cinquième année. Et ce, bien que Madagascar ait atteint un taux de scolarisation net de plus de 95 % dans l’enseignement primaire et une réduction significative de l’analphabétisme, soulignent les spécialistes de la Banque mondiale dans leur récent rapport. Ils n’ont par ailleurs pas manqué de signaler le manque de moyen suffisants pour équiper les jeunes des compétences dont ils ont besoin pour un emploi productif.
Il est indiqué dans ce récent document de la Banque mondiale que 97 % des enfants malgaches âgés de 10 ans étaient considérés comme « pauvres en apprentissage » en 2019. Ce qui signifie, selon les auteurs de l’étude, qu’ils ne pouvaient pas lire et comprendre un texte simple. Les enfants qui terminent l’école primaire, c’est-à-dire qui finit la cinquième année, peuvent encore manquer de compétences de base, avec seulement 17,5% d’entre eux montrant une maîtrise adéquate de la littératie et 21,6 % en numératie, selon toujours ce document de la Banque mondiale.
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