Le mot « avortement » est tabou à Madagascar. Le poids de la religion et des valeurs traditionnelles sont autant de freins pour entamer un débat, un vrai débat l’esprit ouvert, entre l’État, les religieux, le corps médical, la société civile, ne serait-ce que sur l’avortement thérapeutique [Wikipédia : L’interruption médicale de grossesse (IMG), également appelée avortement thérapeutique, est une interruption de grossesse pour motif médical], ou lié à des circonstances exceptionnelles, tels que le viol, ou l’inceste.
Rappelons que sans pour autant autoriser « l’avortement de confort » (terme totalement inapproprié, mais utilisé par les détracteurs d’un débat libre), des femmes n’ont tout simplement pas le choix, car selon les cas on est souvent loin du simple oubli de préservatif. Le temps ne serait-il pas venu à Madagascar de dépénaliser l’avortement ?
Pouvons-nous espérer entendre un jour, une femme dire « Libre de mon corps et d’avorter », sans avoir à penser à cocher la case « mort » (très probable, compte tenu des conditions sanitaires actuelles loin des structures hospitalières) ou « prison » ? En 2010, sur la base d’une enquête nationale, les complications d’avortement constituaient la 2ème cause de décès maternels dans les formations sanitaires…
La Journée mondiale du droit à l’avortement, le 28 septembre dernier, a été l’occasion de poser la première brique d’une réflexion sur l’évolution de ce dossier épineux pour les dirigeants de Madagascar… dans tous les cas on vous donne rendez-vous l’année prochaine, car on n’aura cesse de rappeler l’importance d’ouvrir un débat sur ce sujet dans la Grande île.














