Les tensions remontent d’un cran au Moyen-Orient ce dimanche. L’Iran annonce la fermeture “jusqu’à nouvel ordre” du détroit d’Ormuz, une voie maritime par laquelle transite habituellement près de 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures, après avoir attaqué un navire dans cette zone stratégique. Les États-Unis ripostent par une nouvelle vague de frappes contre des installations militaires iraniennes, marquant une nouvelle rupture du cessez-le-feu conclu le 17 juin.
Selon les Gardiens de la Révolution iranienne, le navire visé avait ignoré les avertissements des autorités iraniennes et désactivé ses systèmes de navigation. L’agence britannique de sécurité maritime UKMTO indique que l’attaque, survenue au large de la péninsule de Moussandam, à Oman, a provoqué un incendie à bord et contraint l’équipage à évacuer sur un canot de sauvetage. Le Commandement central américain (Centcom) a précisé que le navire touché est le porte-conteneurs chypriote GFS Galaxy et qu’un membre d’équipage est porté disparu.
Représailles
En représailles, le Centcom a annoncé avoir mené environ 140 frappes, la troisième série depuis mardi, contre des sites militaires iraniens, notamment des installations de missiles et de drones, des moyens navals, des dépôts de munitions et des infrastructures de surveillance côtière. Des médias iraniens font état d’explosions dans plusieurs régions du sud de l’Iran, notamment à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l’île de Qeshm et dans la province du Khouzistan, sans qu’un bilan humain ne soit communiqué dans l’immédiat.
La fermeture du détroit d’Ormuz est désormais présentée par Téhéran comme une mesure qui restera en vigueur jusqu’à la fin des opérations militaires américaines dans la région. Les autorités iraniennes ont également annoncé avoir intercepté un deuxième navire accusé de ne pas respecter les nouvelles règles de navigation imposées dans le détroit.
Appel à la retenue
Le conflit s’est également étendu aux pays voisins. Les autorités du Koweït et des Émirats arabes unis rapportent des attaques aériennes. Au Qatar, plusieurs missiles ont été interceptés au-dessus de Doha, tandis que les Gardiens de la Révolution revendiquent une frappe contre une base aérienne américaine sur le territoire qatari. L’armée iranienne affirme aussi avoir visé des installations portuaires américaines à Duqm, à Oman. La Jordanie déclare, de son côté, avoir été touchée par trois missiles iraniens.
Face à cette nouvelle escalade, le Pakistan, qui joue un rôle de médiateur dans le conflit, appelle les deux parties à la retenue. Son ministre des Affaires étrangères, Ishaq Dar, exhorte Washington et Téhéran à privilégier une désescalade.
Cette reprise des combats intervient moins d’un mois après la signature, le 17 juin, d’un protocole d’accord prévoyant un cessez-le-feu et une période de 60 jours de négociations entre les deux pays. Depuis plusieurs jours, les États-Unis et l’Iran s’accusent mutuellement d’avoir violé cet accord. Vendredi encore, le président américain Donald Trump avait menacé de “détruire complètement” l’Iran en cas de nouvelles attaques, tandis que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait affirmé que la “vengeance” était “inévitable” après la mort de son père, Ali Khamenei, tué au début du conflit.
Avec AFP















