Évaluation globalement “satisfaisante” pour le Projet de développement urbain intégré et de résilience du Grand Antananarivo (Produir). A l’issue de sept années de mise en œuvre, le projet revendique avoir renforcé la protection contre les inondations de près de 650 000 habitants. Financé par un crédit de 125 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), le programme, exécuté de 2019 à 2026 par le ministère de l’Aménagement du territoire et des services fonciers, a officiellement été clôturé le 30 juin dernier.
Le bilan du projet a été présenté vendredi lors d’un atelier de capitalisation des acquis à Anosy. Selon les responsables du programme, les travaux réalisés ont notamment porté sur le curage et la réhabilitation des 12 km du canal C3 ainsi que sur la remise en état des digues de l’Ikopa et de la Sisaony, des infrastructures jugées essentielles pour limiter les risques d’inondation dans la plaine d’Antananarivo.
Le secrétaire général du ministère de l’Aménagement du territoire et des services fonciers, Ruffin Sambany, rapporte au cours de l’atelier que le curage du canal C3 a permis d’extraire plus de 115 000 m³ de boue, dont une grande partie a été enfouie sur le site aménagé à cet effet à Iarinarivo. Il précise également que 8,2 kilomètres de berges ont été réhabilités. Ces aménagements bénéficient directement à plus de 430 000 personnes exposées aux inondations dans la plaine d’Antananarivo, indique-t-il.
Le coordonnateur du projet, Haja Rasolofojaona, indique, pour sa part, que plus d’un million de personnes ont bénéficié des actions de renforcement des capacités de prévention des risques menées dans le cadre du programme. Les responsables du projet estiment que les effets directs des différents investissements concernent environ 650 000 habitants des premier, cinquième et sixième arrondissements d’Antananarivo ainsi que des communes d’Anosizato Andrefana, de Bemasoandro et d’Andranonahoatra.
Au-delà des chiffres, les habitants des zones d’intervention disent constater une amélioration de leur quotidien. “Avant les travaux, l’arrivée des pluies, dès le mois de novembre, était une source d’angoisse pour les habitants. Les inondations faisaient partie du quotidien. Aujourd’hui, tout a changé”, témoigne un représentant des riverains du canal C3 à Anosibe-Andavamamba. Il souligne que “le projet a transformé notre façon de penser, notre quotidien et même notre état d’esprit”. “Nous n’avons plus peur lorsque la pluie tombe, car l’évacuation des eaux est désormais assurée”, confie-t-il.
Il évoque également une amélioration du cadre de vie. “Avant, dès que nous sortions de chez nous, nous étions accueillis par les mauvaises odeurs et la boue. Désormais, ce n’est plus le cas”, raconte-t-il. “Autrefois, nous portions nos chaussures à la main jusqu’à la porte de l’église pour éviter de les salir dans la boue. Aujourd’hui, nous quittons directement la maison avec nos chaussures aux pieds”, ajoute-t-il, relevant que “cela peut paraître anodin, mais cela a redonné envie aux gens de se déplacer et de participer aux activités, notamment pour aller prier”.
Outre les ouvrages de protection contre les inondations, les travaux urbains réalisés dans les phases 1 et 2, entre 2022 et 2025, ont permis la construction de 587 infrastructures et généré plus de 126 000 journées de travail. Selon les données de suivi du projet, son exécution a obtenu une évaluation “satisfaisante” pour la gestion du projet, le suivi-évaluation, les progrès globaux de mise en œuvre et l’atteinte des objectifs de développement. Les volets relatifs à la gestion financière et aux marchés publics ont, quant à eux, été jugés “modérément satisfaisants”.















