Antananarivo, 18 Juillet, 10h55 – Une frappe a touché jeudi matin l’église catholique de la Sainte-Famille à Gaza-ville, faisant trois morts et dix blessés, dont le curé de la paroisse, selon le Patriarcat latin de Jérusalem. Située dans la vieille ville, cette église est le seul lieu de culte catholique latin dans le territoire palestinien.
L’attaque a suscité une vive émotion au sein de la petite communauté chrétienne locale, qui compte environ 135 catholiques, et des réactions sur la scène internationale. Le complexe religieux abritait depuis le début de la guerre environ 600 déplacés palestiniens, principalement des femmes et des enfants.
La Défense civile à Gaza a attribué la frappe à l’armée israélienne, indiquant que “deux citoyens de la communauté chrétienne ont été tués des suites de blessures subies lors d’une frappe israélienne contre l’église”. Le Patriarcat a ensuite confirmé un bilan de trois morts et dix blessés, dont deux grièvement.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, dont celui de Shadi Abou Daoud, un déplacé ayant perdu sa mère dans l’attaque, “un char nous a pris pour cible et a touché l’église”. Le père Gabriel Romanelli, curé de la paroisse et blessé à la jambe, a été hospitalisé à Al-Ahli.
L’armée israélienne a déclaré ne “jamais cibler” les lieux de culte et a ouvert une enquête. Une première analyse de l’incident indique qu’“un obus tiré lors d’une opération dans le secteur pourrait avoir touché l’église par erreur”, selon un communiqué de l’armée.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a exprimé ses regrets, qualifiant la frappe d’“erreur”. “Israël regrette profondément qu’un tir perdu ait atteint l’église de la Sainte-Famille à Gaza. Chaque vie innocente perdue est une tragédie”, déclare-t-il. Le ministère israélien des Affaires étrangères souligne que les résultats de l’enquête seraient publiés “de manière transparente”.
L’incident a provoqué de nombreuses réactions internationales. Le pape Léon XIV s’est dit “profondément attristé” par l’attaque, sans mentionner Israël, et a réitéré son appel à un “cessez-le-feu immédiat”. Le Patriarche latin de Jérusalem, Mgr Pierbattista Pizzaballa, a pour sa part affirmé que “ce que nous savons avec certitude, c’est qu’un char a frappé directement l’église”.
En Italie, la Première ministre Giorgia Meloni a condamné l’attaque, jugeant les frappes israéliennes “inacceptables” et dénonçant des “attaques contre la population civile”. En France, le président Emmanuel Macron a qualifié la frappe d’“inadmissible” dans un message publié sur X.
À Washington, la Maison Blanche a indiqué que le président Donald Trump avait eu un échange avec Benyamin Netanyahou, qui lui aurait confirmé que la frappe sur l’église était une « erreur ».
Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a causé la mort de 1 219 personnes en Israël selon un bilan de l’AFP basé sur des sources officielles, l’État hébreu mène une offensive militaire de grande ampleur à Gaza. Selon le ministère de la Santé du territoire, au moins 58 667 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées, un chiffre jugé crédible par les Nations unies.
Le territoire palestinien, qui compte plus de deux millions d’habitants, reste sous blocus et confronté à une situation humanitaire extrêmement critique, marquée par la faim, les pénuries médicales et les destructions massives d’infrastructures civiles.
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