Antananarivo, 3 Mars, 8h51 – Madagascar devra s’attendre à une inflation à deux chiffres. L’inflation moyenne pour 2023 accélérerait jusqu’à au-dessus de 10% pour la Grande île, indiquent les prévisions du Fonds monétaire international (FMI). L’institution de Bretton Woods avance cette projection à l’issue de la troisième revue du programme de réformes de Madagascar dans le cadre de l’accord sur la Facilité élargie de crédit (FEC).
Cette projection du FMI est en hausse par rapport à celle des autorités malgaches. Celles-ci ont prévu dans la Loi des finances (LFI) 2023 que la politique monétaire désinflationniste qui a été menée par la Banque centrale de Madagascar (BCM) devrait conduire à une projection du taux d’inflation moyenne de 8,6% cette année. La BCM, elle aussi, avait soutenu au mois de février que les effets de cliquet, les effets d’entrainement de la hausse des prix de l’énergie, les éventuelles hausses retardées des prix du riz conduiront à un taux d’inflation de l’ordre de 8,5% en glissement annuel de fin de période et de 9,2% pour la variation des moyennes des indices de prix à la consommation (IPC)
La croissance de Madagascar devrait parallèlement stagner à 4,2% comme en 2022, dans un contexte de croissance mondiale plus faible et de prix internationaux élevés, d’après le FMI. Or, l’objectif de croissance économique dans la LFI 2023 est de 4,9%. Cette projection dans la loi des Finances tient compte du contexte inflationniste qui perdurera cette année, ainsi que du niveau de la demande mondiale. Celle-ci serait certes en hausse pour certains produits, mais serait à un niveau inférieur aux prévisions d’avant la guerre en Ukraine.
Le ministère de l’Economie et des finances souligne que son objectif de croissance pour 2023 sera soutenu par des investissements à hauteur de 25,3% du PIB. Ce qui se départagerait en 12,2% du PIB d’investissements publics et 13,1% du PIB d’investissements privés.
Les perspectives sont pourtant loin d’être prometteuses. Le Fonds monétaire international soutient que les risques liés à la situation politique intérieure, les faibles taux de vaccination contre la Covid-19 et les évolutions mondiales défavorables les assombrissent. Néanmoins, la mise en œuvre de l’ensemble du programme de réformes envisagé dans le Plan Emergence Madagascar (PEM) pourrait avoir des effets significatifs sur la productivité et la croissance, soutient cette institution financière.
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