Basculer vers le « Made in Madagascar » pour l’arachide. C’est le cap fixé par l’Union Européenne (UE) qui “propose de valoriser les arachides Malagasy et faire de la transformation locale”. L’objectif est de s’assurer que “l’arachide ne s’exporte pas seulement brute mais devienne un véritable levier de développement durable, de souveraineté alimentaire et de création d’emplois au pays”, soutient l’ambassadeur de la Délégation de l’UE à Madagascar, Roland Kobia.
Cette vision est directement adossée aux conclusions de l’analyse de la chaîne de valeur réalisée dans le cadre de l’initiative Value Chain Analysis For Development (VCA4D). Ce travail de recherche met en lumière le caractère hautement stratégique de la filière pour l’économie nationale. Représentant une production annuelle de 200 000 tonnes de coques et un excédent commercial de 363 milliards d’ariary, l’arachide constitue l’un des premiers pourvoyeurs d’emplois ruraux à Madagascar, dont 343 000 équivalents temps plein.
L’étude révèle toutefois un déséquilibre. Il y est exposé que la valeur ajoutée reste concentrée chez les producteurs et les exportateurs de produits bruts vers le marché chinois. Aussi, pour maximiser l’impact économique et garantir la sécurité alimentaire, l’étude préconise de rompre avec la marginalisation de l’extraction d’huile locale au profit d’un tissu semi-industriel de transformation à forte valeur ajoutée.
Trois grandes priorités émergent alors. L’étude suggère de valoriser l’arachide sur place à travers la production d’huile et de produits finis, répartir équitablement la valeur ajoutée entre tous les acteurs de la chaîne, et sécuriser les marchés en misant sur la qualité, notamment par une lutte rigoureuse contre l’aflatoxine. “En renforçant la transformation locale et la structuration de la filière, l’arachide pourrait devenir un véritable levier de développement durable, de souveraineté alimentaire et de création d’emplois à Madagascar”, lance alors l’Union Européenne.
L’Europe n’est toutefois pas la seule à l’affût du potentiel de la filière. La Chine vient de frapper un grand coup en début de semaine, à travers la signature du protocole sanitaire et phytosanitaire permettant l’exportation directe de l’arachide de la Grande Île vers l’Empire du Milieu. Pour le ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire, Gaëtan Ramindo, il s’agit d’une “opportunité inédite”. Jusqu’ici, faute d’accord, les opérateurs chinois devaient passer par des pays tiers. Cette barrière levée, la suppression des intermédiaires va réduire les coûts pour les clients chinois et, selon le ministre, impacter positivement le prix d’achat payé aux paysans malgaches.













