Un acteur majeur de la finance internationale est sur le point d’entrer dans l’actionnariat du projet Volobe. La Société financière internationale (SFI) du groupe de la Banque mondiale finalise actuellement les accords pour son entrée au capital de la Compagnie générale d’hydroélectricité de Volobe (CGHV). C’est le directeur général du Consortium, Rémy Huber, qui en a fait part à la presse, ce vendredi.
La SFI devrait monter à hauteur de 7,5% du capital de la CGHV, en s’appuyant sur les bases du nouveau pacte d’actionnaires signé au mois d’avril 2025. Ce pacte répartit initialement les parts entre Axian Energy (37,5%), EDF Renouvelables (37,5%), et Africa 50 (25%). La prise de participation de la SFI qui viendra en déduction des parts actuelles viendra consolider un Consortium déjà robuste. Et ce, dans l’attente de l’intégration de l’État malgache, dont l’option d’achat à hauteur de 20 % sera levée lors de la clôture financière.
Pour Rémy Huber, l’adhésion de la Banque mondiale à travers le SFI constitue un signal fort de bancabilité du projet. Elle positionne le projet Volobe en tant que solution stratégique prioritaire pour répondre aux besoins de la Jirama, de la région Atsinanana et de l’ensemble du réseau national, lance-t-il.
Pour ce qui est de l’Etat malgache, c’est à partir du closing financier de ce projet hydroélectrique qu’est prévue son entrée dans l’actionnariat de la CGHV, annoncé dernièrement par le biais du Fonds souverain Malagasy (FSM). L’Etat devrait alors y être actionnaire à hauteur de 20%, avait précisé le ministère de l’Energie et des hydrocarbures (MEH) à l’époque.
Toutefois, la Cour des Comptes vient récemment d’émettre des réserves quant à la capacité du FSM à être actionnaire dans ce genre projet. Son accession au rang d’actionnaire soulève des inquiétudes quant à sa solidité financière, en raison de sa création récente et de son capital limité face à l’ampleur des investissements.
De plus, contrairement aux partenaires industriels qui s’y engagent, le FSM souffre d’un déficit d’expertise technique spécifique aux secteurs de l’ingénierie et de l’électricité, essentiels à la gestion d’un tel projet. L’audit de conformité de la gestion du FSM avait par ailleurs mis en exergue des zones d’ombre et incohérences qui fragilisent sa crédibilité, avait exposé la Cour des comptes.
La CGHV souligne l’importance de la sécurité et de la visibilité. “Dès lors qu’il s’agit d’engager des deniers publics et l’argent des contribuables, une transparence totale devient indispensable. Cette structure permet à l’État d’assurer son rôle de garant, rassurant ainsi tant les investisseurs que la population. En nous alignant strictement sur la politique et l’organisation gouvernementales, nous consolidons une confiance mutuelle essentielle à la réussite du projet », lance Enick Razafindrakoto, directrice de la communication et des relations externes de la CGHV.