Antananarivo, 15 décembre, 18h20 – Un appel à l’union sacrée. Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale, martèle la nécessité de « cette cohésion qui nous fait tant défaut », dans son discours de clôture de la session parlementaire, en l’absence du Premier ministre Christian Ntsay et de Nicolas Rabemananjara, président par intérim du Sénat, vendredi à Tsimbazaza. « La structure FFKM [Conseil chrétien des Eglises] /PAN [présidente de l’Assemblée nationale] continuera à travailler et elle s’adaptera au contexte post-électoral », poursuit-elle.
« Nous ne devons avoir, ensemble, qu’une une seule et unique voix : l’unité nationale », exhorte la présidente de la Chambre basse, dans un silence de cathédrale durant l’allocution en version française. « Il est grand temps de mettre à plat les maux qui nous divisent », avance-t-elle. « Ayons le courage de nous mettre autour d’une table pour dialoguer d’une manière désintéressée entre des gens respectueux des valeurs républicaines, de notre société, et de gens de bonne volonté », invite-t-elle.
Christine Razanamahasoa martèle que « les germes de la division devront être discutés et élagués pour ainsi trouver des solutions (…) Nous ne nous cessons pas de nous enfoncer dans la pauvreté (…) faute de plan et de vision commune ». « L’intérêt général prime avant toutes les sensibilités politiques (…) Ne nous perdons pas notre temps aux mésententes et à la défense des intérêts (…) personnels ou de groupes », engage-t-elle.
« Une dynamique populaire était perceptible et observée. Je me garde d’apporter un commentaire », avance la présidente de l’Assemblée nationale. « A qui incombe le tort ? », s’interroge-t-elle avant d’enchaîner : « Nous voilà face une société embarrassée et désorientée », avec un pays qui « traverse une crise de confiance », tout en indiquant que « le temps n’est plus aux critiques des faits saillants récents. Prenons-en acte ».
Christine Razanamahasoa avait exhorté la communauté internationale à « agir (…) face à l’urgence », lors de l’ouverture de la session parlementaire du 17 octobre. Elle avait évoqué « des germes des provocations pour une guerre fratricide [qui] sont visibles et ne cessent pas de s’amplifier » avant de proposer un « espace de dialogue ».
La présidente de l’Assemblée nationale s’est alliée avec le FFKM pour mettre en place une « plateforme de dialogue et de médiation ». Le groupe parlementaire « Isika miaraka amin’i Andry Rajoelina » (IRD), dont elle est issue la « condamne » le discours « qui cultive la déstabilisation ». La démarche de ladite plateforme se poursuit, allant jusqu’à demander « la suspension du processus électoral » relatif à la présidentielle, en vain. Les députés majoritaires avaient fait voter l’ajournement de l’ordre du jour à Tsimbazaza, évoquant la période de campagne électorale.














