Dans le domaine de la psychologie, un concept qui revient souvent ces dernières années est le syndrome de l’imposteur. Ce trouble, bien qu’il ne soit pas considéré comme une maladie, affecte de nombreuses personnes dans leurs vies personnelle et professionnelle. Pour en savoir plus, nous avons rencontré Kolo Randriamanana , psychologue, qui nous explique en quoi cela consiste et comment y faire face.
Le syndrome de l’imposteur est un phénomène qui trouve ses racines dans une perception erronée de soi.
Selon les spécialistes, ce concept est relativement récent dans le domaine de la psychologie.
« Si on l’explique simplement, c’est une personne qui, dans son travail ou sa vie quotidienne, ressent que ce qu’elle fait n’est jamais suffisant ou satisfaisant. Bien que ses réalisations soient reconnues et validées par les autres, cette personne pense toujours que cela relève de la chance ou d’un malentendu. Elle se voit comme un « imposteur », un terme qui reflète une profonde perte de confiance en soi. », explique la psychologue.
Le syndrome de l’imposteur n’est pas une maladie en soi. Il est souvent lié à des expériences personnelles et sociales vécues depuis l’enfance.
« Cela touche souvent des adultes ou des jeunes adultes, car les enfants ne ressentent pas encore ce genre de pressions. Tout le monde peut y être confronté à un moment ou un autre. Cependant, pour certains, cela revient fréquemment, au point de devenir un frein. Ces personnes ont parfois vécu des traumatismes dans leur jeunesse. Cela refait surface quand elles doivent assumer des responsabilités ou atteindre des objectifs. Elles s’imaginent alors que leurs réussites sont le fruit du hasard et craignent de ne pas réussir à l’avenir. », confie-t-elle;
Les effets du syndrome de l’imposteur varient selon la profondeur et la durée du mal-être.
« Une personne touchée par ce syndrome peut devenir instable. Par moments, elle est très active, mais à d’autres, elle doute d’elle-même et remet tout en question. Cela peut affecter ses relations avec son entourage, laquelle peut se sentir épuisée par son instabilité émotionnelle. Sur le long terme, cela peut mener à des troubles associés, comme l’anxiété, la dépression ou des troubles de l’humeur. », explique Kolo Randriamanana
Un lien est parfois fait entre le syndrome de l’imposteur et le perfectionnisme. Les perfectionnistes, en cherchant constamment à atteindre des objectifs irréalisables, sont plus susceptibles d’en souffrir, bien que cela ne soit pas systématique.
« Pour surmonter ce syndrome, il est essentiel de travailler sur l’estime de soi. Cela demande un accompagnement professionnel, car essayer de s’en sortir seul peut aggraver le problème. Un spécialiste pourra utiliser différentes approches et techniques adaptées à chaque cas. », continue-t-elle.
Pour les proches d’une personne souffrant du syndrome de l’imposteur, la compréhension et le soutien bienveillant sont primordiaux. Les proches doivent comprendre le syndrome pour pouvoir aider sans envenimer la situation.
Leur rôle est de rappeler les progrès accomplis et de soutenir de manière bienveillante, tout en évitant de juger.
Cependant, il est important de rappeler qu’un diagnostic professionnel s’avère nécessaire afin d’éviter de confondre ce syndrome avec d’autres troubles.
Le syndrome de l’imposteur peut toucher tout un chacun. Avec un accompagnement adapté et le soutien de l’entourage, il est possible de le surmonter et de retrouver confiance en soi.
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