Antananarivo, 3 Février, 12h05 – “L’accès à Internet ne doit pas être un privilège mais plutôt un droit”. Mahefa Andriamampiadana, ministre du Développement numérique, des postes et des télécommunications (MNDPT), insiste sur l’importance de l’inclusion numérique, au cours d’une émission spéciale diffusée sur la chaîne audiovisuelle publique, lundi soir. “Beaucoup trop de personnes n’ont pas accès à Internet”, déplore-t-il dans son intervention.
Outre la baisse des prix de la connexion, il souligne alors que l’inclusion numérique fait partie des priorités de son département. C’est dans ce sens qu’il a mis en avant le programme Smart Village et le dispositif Rapid Rural Transformation (RRT) récemment déployés dans les régions Androy et Anosy, notamment sur l’axe Vohitsova-Antanimora.
A entendre le ministre, près de 10 000 personnes bénéficient de ces actions d’inclusion numérique mises en œuvre dans le Grand Sud de Madagascar. Six sites sont actuellement opérationnels dans ces deux régions.
Présentés comme des centres communautaires numériques, les Smart Villages regroupent des guichets de services publics destinés à rapprocher l’administration des populations rurales enclavées. Le projet est mis en œuvre en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM). “L’objectif est de briser l’isolement des zones rurales et de placer l’inclusion numérique au cœur du développement régional”, souligne le ministre.
Sur le plan technique, la connectivité repose sur un système hybride associant Internet par satellite et énergie solaire hors réseau. Cette configuration vise à garantir un accès continu aux services numériques, y compris dans les localités dépourvues de réseau électrique. Les infrastructures installées permettent notamment l’accès à des services administratifs dématérialisés, à l’information économique et aux outils de communication.
Dans le cadre de la modernisation de l’administration locale, 11 entités clés, parmi lesquelles des districts, des hôpitaux, des établissements scolaires, des services de gendarmerie, des communes et des services agricoles, ont été dotées d’équipements informatiques. L’objectif affiché est d’automatiser certaines démarches administratives et d’améliorer le reporting des services déconcentrés de l’État.
La pérennisation du dispositif constitue également un axe du programme. Des agents “Smart Village” ont bénéficié, les 23 et 24 janvier, de formations portant sur un nouveau modèle de gestion visant l’autonomie financière et opérationnelle des hubs numériques. Il s’agit alors de permettre la continuité des services au-delà de la phase de déploiement initial.
Au-delà des services administratifs, le programme intègre des volets économiques et sociaux. L’accès à l’énergie solaire permet, par exemple, l’installation d’équipements de conservation frigorifique pour les produits halieutiques et carnés, facilitant leur commercialisation. Des dispositifs d’e-cooking ont également été introduits dans certaines cantines scolaires, avec pour objectif de réduire la consommation de bois de chauffe et les dépenses alimentaires.
D’après les indicateurs communiqués par le ministère pour la période 2024-2025, plus de 1 200 jeunes ont été formés aux compétences numériques, tandis qu’une augmentation d’environ 20 % des activités commerciales et des micro-services a été observée autour des hubs. Le projet a également conduit à la création d’emplois locaux liés à la gestion et à l’animation des sites.
“La suppression de la fracture numérique reste une priorité du ministère”, insiste Mahefa Andriamampiadana, en soulignant que ces initiatives visent à inscrire la modernisation des services publics et l’inclusion numérique dans une dynamique durable au bénéfice des populations du Grand Sud.