Antananarivo, 13 Juillet, 8h15 – Les autorités sanitaires donnent les statistiques officielles des décès dus au paludisme signalés à Ikongo. Une vidéo du bilan chiffré de la situation du paludisme dans ce district de la région du Fitovinany diffusée vendredi par la chaîne de télévision publique rapporte un total de 118 morts dans la localité.
Ce chiffre représente 10% des causes de mortalité à Ikongo, poursuit le “slide” diffusé durant l’intervention du Dr Manuela Christophere Vololoniaina, directrice de la surveillance épidémiologique au ministère de la Santé publique. S’agissant des premières statistiques officielles publiées, le bilan publié rapporte les “faits saillants” de ces derniers mois.
Dans la même vidéo, la responsable du ministère reconnaît une hausse de 29% des cas de paludisme à Ikongo comparé à l’année 2024. Elle souligne que “cinq communes sont concernées par cette situation, mais c’est dans la commune d’Ambatofotsy que les cas sont les plus élevés”. Le Conseil des ministres délocalisé du jeudi 10 juillet fait d’ailleurs état de 35 morts dus au paludisme dans cette commune depuis le début de l’année.
Pour la semaine du 4 au 10 juillet, les chiffres officiels rapportés font état de 1 122 cas confirmés positifs au paludisme dans les cinq communes les plus touchées par la maladie. Les données ne mentionnent cependant pas le nombre de tests de dépistage effectués.
Le 24 juin 2025, l’ONG Médecins sans frontières qui intervient sur place depuis mi-mai 2025 rapporte plus de 3 567 cas positifs diagnostiqués sur 4 361 personnes testées en 35 jours d’intervention, soit un taux de positivité de 81,79%. Cela confirme “la sévérité de la flambée”, avait souligné l’ONG.
Lors de sa descente à Ikongo le 24 juin, le ministre de la Santé publique, le Pr Zely Randriamanantany avait reconnu de nombreux morts sans donner de chiffres précis. “Non pas que le ministère de la Santé publique ait fait la sourde oreille ou ait fait semblant de ne rien voir, mais nous avons dû faire des enquêtes et voir de près ce qu’il en est en réalité”, explique le Dr Manuela Christophere Vololoniaina.
Dans son slide, la responsable explique les décès par “la non prise des médicaments, le refus des soins et la prise des ‘tambavy’”, les tisanes traditionnelles. Le Conseil des ministres de jeudi regrette également que certains patients ne terminent pas leur traitement parce qu’il y a “des rumeurs qui disent que l’antipaludique Artefan, contient du poison”.
Pour faire face à la recrudescence de la maladie, le Conseil des ministres indique que le Centre d’opération d’urgence de la santé publique de la région a immédiatement été mobilisé. Un centre de coordination opérationnelle dirigée par le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes a également été mis en place à Ikongo.
L’Exécutif a également dépêché par deux fois une délégation gouvernementale dirigée par le ministre de la Santé publique dans le district. Une première délégation s’est déplacée le 27 juin 2025, et une deuxième le 11 juillet. Outre la prise en charge des patients, une lutte contre la malnutrition est également menée sur place pour réduire les risques.














