Antananarivo, 4 Décembre, 15h30 – Des améliorations notées. Le coût d’un petit forfait entre 1,5Go et 2Go a connu des baisses significatives au cours des trois dernières années. Il est passé de 16,4% à 6,3% du revenu par habitant de la Grande île entre 2021 et 2024. C’est ce qu’avait exposé le représentant de la Banque mondiale à Madagascar, Atou seck, lors d’une rencontre avec la presse mardi.
Bien qu’il s’agisse d’une amélioration majeure, beaucoup reste encore à faire, insiste toutefois ce responsable de la Banque mondiale. Madagascar reste loin du seuil international de 2% recommandé par la Commission de l’UA du Haut Débit des Nations Unies. C’est pourquoi, “pour beaucoup de Malgaches, l’internet demeure encore un luxe”, soutient-il.
Les opérateurs en télécommunication avaient déjà expliqué que les prix actuels sont dus à l’existence de taxes sectorielles qui sont parmi les plus élevées en Afrique, couplées avec l’explosion des taxes réglementaires, comme le coût des licences et des fréquences. A cela s’ajoute encore la dégradation permanente des conditions macro-économiques, ainsi que concurrence déloyale d’un opérateur qui ne paie ni taxes fiscales ni taxes réglementaires.
Une baisse des tarifs internet devrait encore être appliquée par ces opérateurs en télécommunication dès cette semaine, comme annoncé par le ministère du Développement numérique, des postes et des télécommunications. Mais l’ampleur de cette baisse sera déterminée par chaque opérateur selon ses capacités techniques et économiques. Cette décision résulte des échanges visant à améliorer l’accessibilité du numérique pour l’ensemble de la population.
Des réformes ont par ailleurs été déjà engagées, rappelle Baidy Sy, expert du numérique de la Banque mondiale. Cette institution de Bretton Woods indique avoir appuyé Madagascar dans la mise en place d’un mécanisme réglementaire global axé sur la concurrence et la transparence, afin de parvenir à une baisse significative des prix de la connectivité et des services.
Cette action a commencé par l’octroi de nouvelles licences à plusieurs opérateurs pour stimuler le marché. Ce dispositif devrait être complété par des mesures structurelles dont un décret sur l’interconnexion pour fluidifier l’accès entre les réseaux, la publication d’un catalogue des prix pour garantir la transparence des coûts entre opérateurs, et la révision d’un décret sur la gestion du spectre pour s’adapter aux nouvelles technologies.
“C’est tout un mécanisme à mettre en œuvre pour baisser le coût”, soutient Baidy Sy. Et l’ensemble de ces réformes doit être mis en œuvre simultanément, car l’objectif est d’instaurer un environnement de concurrence durable qui bénéficie in fine aux consommateurs, lance-t-il.