«Joseph Gallieni, 1849-1916, après avoir servi au Soudan et au Tonkin, il pacifia et organisa
Madagascar (1896-1905)». Péché qui motiva des militants communistes à biffer le nom de Gallieni
en terminus de la ligne 3 du métro parisien. Le même jour, 17 juin 2020, le Premier Ministre
français Édouard Philippe dénonçait devant l’Assemblée nationale, l’épuration mémorielle.
Marseille, 10 août 1896, 16 heures. Le général Gallieni quitte la France à bord du Yang-Tsé. Il
abordera Madagascar successivement par Majunga (25 août), Nosy-Be, Diégo-Suarez (26 août),
Sainte-Marie (28 août) avant de finalement débarquer à Tamatave, après sept dernières heures de
navigation. Parti en filanjana de Tamatave le 9 septembre, le futur Gouverneur Général arrive au
Quartier Général à Andohalo-Tananarive, le 15 septembre 1896 à 15 heures 30.
Sa «pacification» laissa des blessures aussi douloureuses qu’humiliantes : en Imerina, exécution du
prince Ratsimamanga et du ministre Rainandriamampandry (15 octobre 1896), abolition de la
royauté et envoi en exil de Ranavalona III (27 février 1897), profanation des tombes royales à
Antananarivo et Ambohimanga (14 mars 1897) ; en Sakalava-Menabe, décapitation du roi Toera
(30 août 1897) dont le crâne a été emporté en France et se trouverait au Musée de l’Homme.
«L’organisation» fut cependant de la marque des bâtisseurs : créations successives de l’École de
médecine (11 décembre 1896), de l’école administrative Le Myre de Vilers (2 janvier 1897), de
l’Académie malgache (23 janvier 1902). Les 20 et 21 août 1900, le général Gallieni emprunta le
canal fraîchement creusé des Pangalanes entre Ivondro et Andavakinimenarana, à bord de la
chaloupe à vapeur «Andevoranto» ; avant de se rendre à Anivorano, visiter la tête de ligne du
chemin de fer (premier tronçon de 30 kilomètres inauguré le 14 octobre 1902, ouverture du trafic le
1 er novembre 1904) ; et d’effectuer le tout premier voyage automobile à Madagascar, 80 km entre
Mahatsara et Beforona, à la moyenne de 25 kmh en Panhard-Levassor.
15-19 mai 1905 : le général Gallieni quitte définitivement Tananarive et Madagascar. L’histoire,
simplement, contre toute «épuration mémorielle».














