Le «modèle Wuhan», dans un premier temps raillé par les médias occidentaux comme le paroxysme du totalitarisme chinois, est désormais le modèle à suivre : un confinement strict semble venir à bout du coronavirus en Chine.
Dans l’éternelle querelle entre l’isolationnisme et la coopération internationale, la fermeture des frontières américaines décidées par Donald Trump s’oppose à la solidarité manifestée par la Chine de Xi Jinping qui a dépêché une équipe d’experts au chevet de l’Italie et lui fait don de plusieurs tonnes de matériels.
Membre fondateur de la communauté européenne, l’Italie, et ses 1809 morts enregistrés au 15 mars 2020 depuis le premier décès survenu le 21 février 2020, a été abandonnée par l’Union européenne. Tandis que le Gouvernement italien regrettait amèrement la rétention de matériels médicaux entre pays européens, c’est donc la Chine, foyer de départ du coronavirus mais dont la gestion de l’épidémie a prouvé son efficacité, qui a concrétisé sa «nouvelle route de la soie» et pas seulement à des desseins commerciaux.
Avec le coronavirus, le reste du monde a découvert que «l’usine du monde» avait désormais le monopole de la fabrication de tant de menus objets du quotidien. Jouets, vêtements, accessoires de cuisine, équipements sportifs, smartphones, ordinateurs, mais surtout produits pharmaceutiques en cette période de pandémie : tout est «Made in China».
La Chine est déjà une puissance débonnaire de l’ONU (organisation des Nations Unies) où sa gestion du droit de veto ne défraie pas la chronique. La Chine est également une puissance incontournable de l’OMC (organisation mondiale du commerce) où elle ne s’en laisse pas compter par les rodomontades étasuniennes et ses GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). La Chine se gagnerait définitivement une sympathie sans plus grande réserve si elle mettait davantage de transparence dans sa gestion des «urgences sanitaires internationales, selon l’expression de l’OMS (organisation mondiale de la santé).
Une immense géographie, une formidable démographie, une incommensurable puissance économique : «Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera» avait prévenu Alain Peyrefitte dès 1973. La Chine s’est éveillée : mais, pourquoi trembler ?














