La Chine produit 120 millions de masques respiratoires par jour : une entreprise, spécialisée dans la construction d’avions de chasse, est capable d’en livrer 100 par minute tandis qu’à lui seul, le constructeur automobile BYD peut en fournir 5 millions par jour. Taïwan, dont la Chine persiste à nier l’existence, en produit 13 millions par jour, ce qui fait de l’île du Kuomintang, le deuxième producteur mondial, devant la Corée du Sud qui a une capacité de 10 millions par jour.
Cette formidable capacité permet à ces pays de pratiquer «la diplomatie du masque». La Chine était déjà «l’usine du monde», mais Taïwan a besoin d’exister dans les relations internationales après avoir été banni de l’Organisation des Nations Unies et de ne pas appartenir à l’Organisation mondiale de la santé.
Les États-Unis et l’Union Européenne, qui le 18 mars 2020, recevait 2 millions de masques «Made in China», en sont réduits au «hala-botry» (vol à l’étalage) : une cargaison destinée à une région française avait été surenchérie directement sur un tarmac chinois par des Américains ; un lot destiné à l’entreprise suédoise Mölnlycke avait été confisqué par les Français lors de son transit à Marseille…
Il existe 8950 nouveaux producteurs de masques en Chine depuis la reprise de la production. Mais, même à 2 milliards de masques par jour, chirurgicaux comme de type FFP2, ça ne suffira jamais.
Il y eut un malentendu originel : on a d’abord déconseillé le port de masques dans la rue, parce que les autorités pensaient que c’était au gouvernement de fournir les masques pour tout le monde. Tâche incommensurable et impossible. Aucun gouvernement au monde ne serait capable de fournir un masque, chaque jour et à chacun de ses citoyens. C’est ainsi que l’on est arrivé à suggérer fortement à chacun de fabriquer soi-même son masque «altruiste» avec les conseils techniques pour une efficacité de filtration maximale. La multiplication des tutoriels est un préalable indispensable avant l’obligation du port de masque généralisé dans l’espace public.
Et pour conjurer le tango-hésitation de l’OMS, il est toujours bon qu’un spécialiste tranche la question. C’est le discours du Professeur Jean-Luc Gala, infectiologue à l’UC Louvain (Belgique) : «Si chacun met un masque, vous avez deux barrières consécutives à franchir pour le virus : vous vers votre correspondant, votre correspondant vers vous. Si chacun porte un masque, le risque de transmission est significativement diminué, si personne n’en met, le risque est notoirement plus élevé».














