Une seule certitude : l’incertitude dans la gestion de cette épidémie de coronavirus. Même l’OMS (organisation mondiale de santé) navigue à vue. Le 30 mars 2020, trois mois après avoir été informée par la Chine de l’existence de cette épidémie de coronavirus, l’OMS ne recommandait toujours pas le port obligatoire de masque dans l’espace public. Ce n’est que le vendredi 3 avril que l’organisation mondiale concéda que le port du masque pourrait être une bonne idée.
«Mettez un bandana», conseille le Maire de New York. «Tout le monde a une écharpe» renchérit Donald Trump. Tout le monde se met à fabriquer des masques dits «alternatifs» dont personne ne sait l’efficacité. Sauf qu’il est toujours mieux que, dans le doute, on ne s’en abstienne pas.
Et tant qu’à porter un masque, autant qu’il soit beau avec un design qui le sorte de l’ordinaire clinique des masques professionnels légitimement réservés au personnel soignant. Adidas, qui perd des milliards avec la fermeture du marché chinois et le congé de ses magasins dans le monde, envisage de produire également des masques respiratoires en apposant son logo. Rien d’illégal. Rien qui soit plus immoral que de ne pas «signer» le masque tout en faisant bien savoir qui le distribue. Et rien que pour le logo aux trois bandes, bien de monde risque de le vouloir.
Voilà un réflexe d’aficionado singulièrement «normal» en cette période absolument anormale. Comme si la vie reprenait déjà son cours, malgré le contexte morbide. Ce masque alternatif en coton, avec son confort psychologique très relatif, me semble déjà un joli pied-de-nez à Covid-19.














