Dans ma messagerie, de nombreux «Tratry ny Asaramanitra». Dehors, les jours précédents le 26 juin, sinon la veille, de nombreuses familles qui avaient acheté des canards et des oies pour concocter un repas qui sort de l’ordinaire. Hier soir, encore, des milliers d’enfants dans les rues, à la Ville comme à la campagne, pour le Harendrina traditionnel qui plonge ses racines psychologiques dans l’action purificatrice du feu avant le «Fandroana» propitiatoire qui renouvelle le cycle. Mais, ça, tout le monde l’aura oublié.
Comme tout le monde a oublié le sens du «Fahaleovantena» au-delà, c’est-à-dire en l’occurrence «bien avant», le 26 juin 1960.
Alors, ceux qui m’ont souhaité «Tratry ny Asaramanitra» ont eu droit à un rappel de dates-clés auxquelles plus personne ne songe. Plus de 140 ans avant le 26 juin 1960, un État avait émergé pour se hisser au rang des nations internationales, pour paraphraser le président Philibert Tsiranana à propos de la République malgache, il y a de cela 60 ans.
Les manuels d’histoire, comme le discours politique, n’auront pas suffisamment de toute cette année jubilaire pour rétablir les faits et corriger les mentalités. Récitation incantatoire : 23 octobre 1817 et 30 juin 1865 (avec la Grande-Bretagne), 21 août 1868 (avec la France), 12 mars 1883 (avec les États-Unis), 15 mai 1883 (avec l’Allemagne). Ce sont là les dates des traités que notre Fanjakana avait conclu avec les grandes puissances de l’époque. Un État malgache existait, indépendant, avant la première concession du 17 décembre 1885 et le «Gros Malheur» des 30 septembre 1895 – 6 août 1896. Alors, oui, on peut être (un État républicain) et avoir été (un État monarchique).














