Le D-Day. Il y a soixante-quinze ans, les Alliés lançaient la plus vaste opération militaire de tous les temps avec le débarquement en Normandie. Prendre d’assaut frontalement le «Mur de l’Atlantique», 4000 km de fortifications construites par les Allemands depuis les côtes franco-espagnoles jusqu’en Norvège. Rendez-vous mortel sur les plages de Normandie en France, les moins éloignées des bases en Angleterre, mais également les plus densément bunkérisées.
Mais, c’est d’un autre D-Day dont je vous cause aujourd’hui. L’enfant qu’hier encore, me semble-t-il, je déposais à la Maternelle passe son bac. Ce temps qui nous file entre les doigts m’en impose. Hier encore, demain déjà.
«Nous aimons nos enfants bien plus qu’ils ne nous aiment», écrivait Victor Hugo. C’est ainsi, depuis la toute première fois que le cercle de famille s’est agrandi. Il y a une douzaine d’années, sans doute que je lui tenais la main, en route vers la Petite Section. Aujourd’hui, ce serait d’un suprême ridicule que je lui fasse seulement une accolade avant son entrée dans la salle d’examen. On a beau être kangourou, il y a des limites aux effusions.
Le spectacle d’enfants allant, seuls ou accompagnés, sur le chemin de l’école m’a toujours réjoui. Quelque part, c’est l’indicateur d’une certaine idée de la civilisation. C’est par le savoir que nous sommes des Homo sapiens tandis que d’autres sont des Ourang-Outans ou des Lémurs Catta.
Le bon vieux baccalauréat a beau être remis régulièrement en question, il n’en demeure pas moins un sésame vers d’autres connaissances toujours plus poussées. À mon époque, mon Pater l’avait obtenu par la procuration de son fils. Mieux qu’un couronnement gentiment désuet dans un monde L-M-Disé, un rite de passage.
Va, toi, «fille des vieux mondes successifs», comme écrivait à son tour Jean-Joseph Rabearivelo.














