La filière miel est porteuse et rentable. Les apiculteurs doivent pourtant faire face à la « varroase », une maladie qui frappe les abeilles, réduit leur production et tue les colonies.
Eugénie Rabezanahary, apiculteur, a mis du temps pour comprendre pourquoi ses abeilles n’arrivent plus à remplir leurs ruches, et pourquoi elles meurent même autour de cette ruche. « Tout cela était dû à une maladie, la varroase », explique-t-il. La varroase est une maladie causée par le varroa, un acarien qui suce le sang des abeilles. Ce parasite se nourrit par la piqûre de l’hémolymphe des abeilles et en entraînant l’anémie ou, pire, la mort. La varroase empêche la survie des abeilles, que celles-ci soient domestiques et sauvages.
Les impacts sont importants en termes de production de miel. Morel Rakotoarisoa, apiculteur à Fenoarivo, produisait à ses débuts 30 litres de miel sur chacune de ses cinq ruches. Quatre ans plus tard, son élevage lui fournit moins de 30 litres de miel pour une dizaine de ruches. « Les colonies d’abeilles ne remplissent plus les ruches, d’où la faible quantité de miel produit », regrette-t-il.
Marie-Thérèse Rasoazanakolona, apicultrice à Andramasina, a également fait les frais de la multiplication du varroa. « Les colonies se trouvent en sous-effectif parce que les abeilles meurent petit à petit », raconte-t-elle. « Les ruches se retrouvent abandonnées », ajoute-t-elle.
La varroase est apparue à Madagascar depuis l’année 2010 et ne cesse de se propager dans la Grande Île. Une ruche infestée par le varroa peut se dépeupler au bout de quelques mois. Selon les explications du Dr. Karlo Borsa, vétérinaire, chef du département élevage chez Agrivet, non seulement le varroa affaiblit l’abeille mais transmet également des virus qui abîment ses ailes et tuent les colonies.
Des traitements contre la varroase existent pourtant. Ils doivent être mis en œuvre sur le long terme pour être efficaces. Tel est par exemple le cas de l’Apistan ou de l’Apivar, commercialisés par Agrivet. Des bandelettes doivent être placées pendant huit semaines dans les ruches et le traitement doit être renouvelé tous les ans. L’objectif est de réduire le taux d’infestation du varroa dans les ruches afin de permettre aux abeilles d’y vivre correctement. Selon le Dr Karlo Borsa, les abeilles peuvent survivre si le taux d’infestation de leur ruche est en dessous de 5 %. Dans le cas contraire, « l’abeille peut résister à l’attaque du varroa, entre deux mois à un an, mais ensuite la ruche devient dépeuplée » poursuit-il.
Le marché du miel est pourtant important au niveau international, une réelle opportunité économique. Deux millions de tonnes de miel sont consommés dans le monde chaque année. Avec une exportation annuelle de 30 tonnes, Madagascar n’a qu’une part de marché minime à l’international. Avec la diversité de ses produits, la Grande île devrait pourtant pouvoir trouver une place. « Nous avons du miel de litchis, du miel de palissandre et beaucoup d’autres grâce à notre écosystème », malheureusement, en raison de la varroase, la production ne peut augmenter et globalement « se limite à la consommation locale », regrette le Dr. Karlo Borsa.














