Antananarivo, 20 Juillet, 18h30 – Antananarivo a vibré la semaine dernière au rythme du design, des idées et des textures. Et pour signer la fin de la Tana Design Week 2025, c’est le retour en beauté du festival Manja qui a fait battre les cœurs. A Andafiavaratra, la salle de réception du palais s’est transformée en un podium hors du temps, un trait d’union entre tradition et création contemporaine.
Parmi les stylistes qui ont marqué cette édition, Richiandy Raherinjatovo a ébloui par sa capacité à cristalliser les fleurs et à les métamorphoser en accessoires de mode poétiques, une œuvre florale qui a remporté le Prix de la créativité. Le Prix de l’engagement, lui, est revenu à Aina Rasoloarisoa, militante du beau et du juste, pour son travail de réhabilitation de l’image des femmes tisserandes du Sud, longtemps invisibilisées. Enfin, le Prix découverte a révélé Jo Aina, une étoile montante à suivre.
Mais derrière l’élégance des tissus et des lignes se dessine une vision bien plus large. Depuis sa création en 2018, Tana Design Week grandit, s’étend, ose. En 2022, l’événement comptait cinq designers. Aujourd’hui, ils sont plus de 60 à investir la capitale, entre mode, architecture, céramique, design éco-social et recherche. “Madagascar n’a pas vocation à rester une simple zone de main-d’œuvre. Nous avons des talents. Il est temps de les valoriser, de leur donner les moyens d’exister à l’international”, affirme Domi Sanji, fondateur du Tana Design Week, avec passion et lucidité.
Cette année, La Réunion et Maurice ont été invités. En 2027, l’ambition est claire car selon Domi Sanji, l’évènement fera d’Antananarivo une capitale culturelle de l’océan Indien, en accueillant Seychelles, Comores, et au-delà, l’Afrique créative dans son ensemble. Une ville qui rayonne par ses créateurs, ses lieux symboliques depuis le musée d’art et d’archéologie à l’Université d’Ankatso ainsi qu’une vision assumée de l’avenir avec un design enraciné mais résolument panafricain.
À l’heure où le monde redécouvre l’authenticité et la durabilité, les jeunes créateurs malgache, par la voie du design, rappellent que le pays a bien plus que des matières premières car il a des mains et des idées novatrices.














