Antananarivo, 20 Juillet, 22h10 – “Destruction du foie. Insuffisance rénale. Tension instable. Tachycardie”. Le ministre de la Santé publique, le Pr Zely Randriamanantany évoque des signes cliniques qui ne sont pas censés se manifester chez les patients atteints de botulisme pour réfuter le botulisme dans l’affaire Ambohimalaza.
“Le botulisme n’entraîne pas de problème hépatique, or ces gens, à leur admission, ont tous eu leur foie détruit”, rapporte le ministre en marge d’une visite qu’il a rendue aux patients encore hospitalisés à l’Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona. “Le botulisme ne cause pas de problème rénal mais attaque tout de suite les nerfs. Or, ces gens ont tous eu des problèmes d’insuffisance rénale”, souligne-t-il encore. Il ajoute également que “le botulisme n’implique ni problème tensionnel ni problème cardiaque, or ces gens ont eu une tension instable et ont fait de la tachycardie, c’est à dire que leur coeur bat très vite”.
A en croire le Pr Zely Randriamanantany, aucun des patients n’a non plus eu une “vision double”. “Lisez bien”, lance-t-il à ceux qui se basent sur leurs lectures pour avancer la thèse du botulisme. “Il y est écrit diplopie, donc une vision double. Mais demandez à tous ces gens, aucun d’entre eux n’a eu de vision double”, martèle-t-il.
Dans leurs premiers témoignages à la presse, des proches de défunts et des patients évoquent des symptômes comme “des vomissements, des problèmes de vision, de la faiblesse musculaire, de la fatigue, des problèmes respiratoires, ou encore des difficultés à parler”. Des professionnels de santé qui ont pris en charge les patients parlent, sous couvert d’anonymat, de symptômes s’apparentant à ceux du botulisme, mais indiquent que “seules les analyses permettent de confirmer cette thèse”.
Les analyses effectuées jusqu’ici n’infirment ni ne confirment le botulisme. Les autorités judiciaires indiquent que les analyses effectuées à l’étranger et les observations effectuées sur les souris de laboratoire ont révélé une substance “hautement toxique et dangereuse” mais aussi “inhabituelle que l’on ne trouve ni dans l’alimentation humaine ni dans l’estomac humain”.
Pour réfuter le botulisme, le ministère de la Santé publique a surtout insisté sur les connaissances scientifiques et les résultats des recherches qui indiquent que la toxine botulinique n’a jamais été retrouvée dans une pâtisserie. Le directeur général des fournitures des soins et le directeur du laboratoire des analyses médicales (LA2M) ont indiqué que la nature du donut, principal aliment soupçonné d’être à l’origine du décès, ne lui permettait pas de contenir la toxine botulinique.
Mise à jour et précisions : Le ministre a précisément parlé de vision double (mandroroa ny maso).














