Comme de nombreux pays, Madagascar a célébré « Mandela Day », la Journée internationale de Nelson Mandela ce jeudi 18 juillet. Mais les initiatives menées dans ce sens reflètent les difficultés et le chemin à parcourir pour faire passer le message de l’ancien président sud-africain en matière de lutte contre les discriminations, et surtout en matière de « culture de la paix ».
Une exposition et une séance de sensibilisation pour les jeunes. C’est à peu près tout le programme consacré à la célébration, du moins à Antananarivo, pour mettre en avant les valeurs portées par l’ancien président sud-africain, Nelson Mandela, le jour de son anniversaire. À entendre Jo Christian Lary Razanajatovo, président-fondateur de l’association Blessing Covenant (BC), qui milite, entre autres, pour une éducation de qualité et l’humanisation, le bien être et le développement économique, consacrer 67 minutes de volontariat ou de bénévolat n’est pas encore entré dans les mœurs (67 minutes, en mémoire des soixante-sept années que Madiba a consacrées à sa lutte).
« À Madagascar, les valeurs de Nelson Mandela ne sont pas encore transmises», regrette Jo Christian Lary Razanajatovo, à la tête de l’ONG BC, organisatrice d’une exposition pour la promotion de la « culture de la paix ». « Nous n’avons pas cette culture de tirer des leçons des bonnes initiatives. Or, avoir un esprit de leader, promouvoir la paix, former la relève et prendre des initiatives sont les meilleures leçons à tirer, je présume » poursuit-il.
L’enseignement existant ne permet pas à la génération future de tirer des leçons du parcours de Nelson Mandela. « Le long parcours de ce héros, ne rentre ni dans les programmes scolaires, ni dans la culture générale enseignée, c’est normal que peu d’élèves aient une notion par rapport à cela », explique Rija Nantenaina Raharizaka, directeur adjoint d’un collège. « Je me souviens juste que l’enseignant nous en avait un peu parlé en classe de première mais on n’avait rien noté, je me souviens que du nom Nelson Mandela » témoigne Rojotahiana, élève en classe terminale.
À Madagascar, comprendre les idées, les principes qui ont dirigé le combat de Nelson Mandela, en tirant des leçons de son parcours, sont loin d’être la raison de la célébration. Ses luttes en faveur du peuple sont pourtant des trésors cachés pour les étudiants et citoyens malgaches. À priori, l’appropriation de l’esprit de la lutte menée par le leader sud-africain ne touche pas totalement les malgaches. « Géographiquement, nous sommes africains, même si effectivement l’histoire dit qu’on a plusieurs origines. On peut se battre contre le sentiment d’injustice sociale comme l’a fait Mandela, si nous pouvons commencer à arrêter de dire que les noirs sont inférieurs », assène Toavina Ralambomahay, auteur d’ouvrages politiques.
La célébration de la journée internationale de Nelson Mandela n’est que ponctuelle comme toutes les autres journées internationales, ne reflétant pas l’ampleur ni la durée de sa lutte contre l’apartheid. Personne ne se rend compte de ce qu’il a vraiment enduré pendant plus d’une trentaine d’années. À l’époque, l’Afrique du Sud étaient régie par un régime fondé sur la ségrégation raciale, pendant presque 50 ans. Un des rares hommes africains qui a fini par changer le monde, et fait évoluer les mentalités.














