Antananarivo, 11 Juillet, 18h15 – Le nombre des cas graves de Covid-19 est en hausse alors que leur prise en charge demeure problématique. Les derniers chiffres annoncés par le Professeur Hanta Marie Danielle Vololontiana font état de 66 malades présentant la forme grave de la maladie. 17 d’entre eux ont été recensés parmi les 435 nouveaux cas confirmés positifs rapportés ce samedi.
Comme la difficulté de respirer, voire la détresse respiratoire, constitue le symptôme de la forme grave de la Covid-19, « les 66 patients sont tous suivis en milieu hospitalier, » indique la porte-parole du Centre de commandement opérationnel (CCO) Covid-19. Ces patients sont soit sous oxygène, soit sous respirateur artificiel pour les formes les plus critiques.
Sur les 66 cas graves, 60 sont localisés dans la région d’Analamanga. 32 sont pris en charge au Centre hospitalier universitaire Joseph Raseta de Befelatanana. 17 sont admis au CHU Anosiala, huit au CHU Andohatapenaka et trois se trouvent à l’hôpital de Fenoarivo. Les six autres sont pris en charge à Antsirabe (cinq patients) et à Toliara (un patient).
La forme grave de la Covid-19 peut entraîner la mort, mais « tous les patients présentant la forme grave ne meurent pas toujours », insiste le Professeur Hanta Marie Danielle Vololontiana. « La plupart des patients présentant la forme grave de la Covid-19 guérissent à Madagascar », confirme le Dr Lamina Arthur Rakotonjanabelo, directeur de cabinet du ministre de la Santé publique lors d’une interview accordée à 2424.mg mardi. « Nous avons de bons réanimateurs compétents et expérimentés », soutient-il.
Commande de respirateurs et d’extracteurs d’oxygène
Les décès surviennent plutôt « parce que la prise en charge se fait de façon tardive ou parce que le patient manquait d’oxygène », a reconnu vendredi le président de la République Andry Rajoelina, lors de l’inauguration du nouveau Centre de traitement Covid-19 à Ivato. Plus que l’insuffisance de matériels et équipements de réanimation pourtant, c’est surtout la faible capacité d’accueil des hôpitaux qui limite l’accès des patients aux soins.
Avec la hausse du nombre de cas dans la région d’Analamanga, les hôpitaux affichent complets ces dernières semaines. Il leur est arrivé de ne plus accueillir les patients, même ceux qui sont en détresse respiratoire. La création de nouveaux centres de traitement Covid-19 devrait résoudre cette problématique, espèrent les autorités. Pour ce qui est des respirateurs et des concentrateurs ou extracteurs d’oxygène, « nous en disposons suffisamment pour faire face à la flambée actuelle », souligne le directeur de cabinet du ministre de la Santé publique.
Au début de l’épidémie, les hôpitaux publics malgaches disposaient de 201 extracteurs d’oxygène et 39 appareils respiratoires. Mais « depuis nous avons acquis 17 puis 25 respirateurs supplémentaires », informe Gaëtan Duval Solofomalala, secrétaire général du ministère de la Santé publique lors d’une émission organisée par le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes. Des partenaires techniques et financiers ainsi que des entreprises et des organisations privées ont également offert des dons d’extracteurs d’oxygène ces derniers mois.
Au cas où le chiffres augmenteraient encore, et « cela n’est pas exclu », souligne le Dr Lamina Arthur Rakotonjanabelo, Madagascar a déjà commandé « une centaine de respirateurs », selon Gaëtan Duval Solofomalala. Le président de la République a également annoncé vendredi « une commande d’un millier d’extracteurs individuels d’oxygène ».














