Le dynamisme économique repose massivement sur les services pour Analamanga. Avec 6 828 sociétés créées, ce secteur affiche une domination écrasante, en captant 57,4% des 24 799 entreprises formelles répertoriées par l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM) dans la région pour les deux dernières décennies. Des chiffres que la directrice générale de cette agence de promotion des investissements, Josielle Rafidy a présentés jeudi dans le cadre de la présentation de la célébration des 20 années d’actions de l’EDBM.
Cette concentration révèle une structure économique où le secteur tertiaire agit comme la principale porte d’entrée pour les investisseurs. Il se positionne bien loin devant les secteurs productifs traditionnels. Les TIC, qui avaient été isolés du secteur des services, arrivent même en seconde position avec 12,3% des entreprises créées durant la période sous revue, du fait qu’ils représentent un levier de croissance spécifique.
Parallèlement à l’omniprésence des services, les secteurs dits productifs peinent à s’imposer. Et ce, malgré leur importance stratégique pour l’économie nationale. Les investissements dans le secteur secondaire demeurent marginaux durant ces 20 dernières années, déplore Josielle Rafidy. L’agribusiness, avec 8,7 % des créations, et le textile-habillement, à 6,2 %, occupent par exemple des places honorables mais révèlent un investissement industriel encore timide dans une région qui concentre pourtant l’essentiel de la main-d’œuvre qualifiée. Le secteur de l’énergie demeure même quasi invisible avec seulement 0,9 % des nouvelles entreprises.
Le nombre des entreprises créées dans la région Analamanga affiche néanmoins une tendance globale à la hausse de 2005, bien qu’il y ait eu quelques fluctuations. Le rythme s’est notamment stabilisé autour de 1 000 créations, avec une accélération notable observée depuis 2021, atteignant un pic en 2024 avec 1 654 nouvelles entreprises.
L’entrepreneuriat local est majoritaire dans la création d’entreprises à Madagascar, puisque les ressortissants malgaches représentent 60,5 % des créateurs de sociétés à Analamanga, pour 11 178 entreprises. Sur le plan international, les investisseurs Chinois (11,7 %) et Français (10,7 %) constituent les principaux contingents étrangers, suivis de loin par les investisseurs Indiens (4,1 %) et Mauriciens (2,4 %).
Les données couvrant les 20 dernières années sont par ailleurs déjà intégrées à la plateforme Orinasa de l’EDBM. Cette dernière est déjà interopérable avec le système de la direction générale des Impôts (DGI). À court terme, la plateforme permettra également d’effectuer des modifications et des radiations en ligne. Et cette interopérabilité offrira à l’administration publique une visibilité complète sur la situation des associés ou des sociétés, notamment sur la question de la domiciliation, qui constituait jusqu’ici un obstacle majeur, explique Josielle Rafidy.














