Antananarivo, 22 Avril, 13h30 – 133 en janvier. 101 en février. 68 en mars. Le ministère de la Justice évoque une baisse progressive des cas de viols traités au niveau des juridictions dans son bilan des 100 premiers jours du second mandat d’Andry Rajoelina. Selon la vidéo publiée ce lundi sur la page Facebook de la présidence, il y aurait eu “87 cas traités depuis le 26 février, date de promulgation de la nouvelle loi sur la castration”. En tout, il y aurait donc eu 302 cas de viols traités par les juridictions de tout Madagascar durant les trois premiers mois de 2024.
La recrudescence des cas de viols traités par les tribunaux a été l’un des arguments mis en avant par les autorités quand elles ont fait adopter la loi introduisant la castration parmi les peines prononcées contre les viols sur mineurs. A l’époque, le nombre de 600 cas recensés en 2023 et les 133 cas traités en janvier 2024 ont été soulevés pour justifier la nécessité de durcir la loi en y intégrant la mesure de castration.
Dans son bilan, le ministère ne fait pas le lien direct entre la baisse du nombre de cas de viols recensés par la Justice et l’adoption de la loi. Dans un communiqué publié en février, l’organisation Amnesty International avait soulevé que “l’application de la castration ne résoudra pas les problèmes de viols sur mineurs”. Elle avait plutôt suggéré des “réformes du système pénal pour que les victimes puissent avoir accès à la justice et à des recours en temps voulu”.
Dans son communiqué, Amnesty International avait rappelé qu’à Madagascar, “les cas de viols ne sont pas suffisamment dénoncés et leurs auteurs repartent bien souvent libres parce que les victimes et leurs familles ont peur des représailles et de la stigmatisation”. Amnesty International avait également proposé une “approche centrée sur les victimes, qui leur donne du pouvoir et leur permette de parler en toute sécurité, sans craindre d’être stigmatisées ni de subir des représailles”.
Adoptée en décembre par les deux chambres du Parlement lors d’une session extraordinaire du Parlement en février, la modification du Code pénal a été jugée conforme à la Constitution par la Haute cour constitutionnelle (HCC) sous certaines réserves. Elle a ensuite été promulguée par le président de la République le 26 février. Le décret d’application du texte, exigé par la HCC pour la conformité des dispositions intégrant la castration à la Constitution, est en cours d’élaboration.
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