Antananarivo, 12 Décembre, 6h35 – Un changement de formule à opérer. Le ministère de l’Economie et des finances (MEF) estime qu’il est primordial pour Madagascar de procéder à une diversification de ses produits d’exportations. Madagascar devra également élargir son marché en ciblant des pays émergents comme l’Inde, et développer son potentiel industriel via la substitution de certains produits importés par des produits locaux. Ces dispositions devront épargner Madagascar de voir les seuils du ratio de sa dette extérieure/PIB et du ratio de sa dette extérieure/exportations dépassés. Ces dépassements, expose le MEF, pourraient être générés par un choc sur les exportations.
Le ministère en charge de l’Economie avance que compte tenu de la croissance de Madagascar qui est, dans une certaine mesure, tirée par les exportations, une fragilité de la croissance s’installe au fur et à mesure que les recettes de ces opérations se détériorent. Le MEF souligne d’ailleurs dans son rapport sur l’Analyse de la viabilité de la dette (AVD) que le précédent choc sur les prix des matières premières exportées par Madagascar s’est transmis graduellement sur sa croissance.
D’autre part, même si la demande globale est prévue rebondir bien que timidement en 2024, les exportations malgaches seront fortement sensibles aux fluctuations des prix des matières premières sur le marché international, soutient le ministère. « S’il est prévu que les prix des matières premières chuteront de 21,0% en 2023 et resteront globalement stables en 2024, il n’est pas certain que ce sera effectivement le cas étant donné les multiples risques auxquels fait actuellement face l’économie mondiale », expose ce département dans le rapport sur l’AVD. Le ministère de l’Economie ajoute que de « tel choc sur les exportations serait d’autant plus à craindre au cas où les importations de biens et services reprendraient de manière plus soutenue ».
Selon la dernière note de conjoncture économique établie par la Banky foiben’i Madagasikara au mois de novembre, les exportations sur les neuf premiers mois de cette année ont reculé de 15,7 % par rapport à la même période en 2022. Cette situation est attribuée au repli des expéditions des principaux produits tels que la vanille, le girofle, le nickel, le cobalt et les produits des entreprises franches, précise l’autorité monétaire.
Pour le Centre du commerce international (ITC), les meilleures options de diversification des exportations pour Madagascar au Monde sont les « chaussures de sport, à semelles en caoutchouc et à dessus en textile », les « chaussures à semelles extérieures et dessus en caoutchouc ou plastique », ainsi que les « graines de sésame ». L’exportation de « résidus solides, de l’extraction des graisses de noix de coco ou coprah » serait le plus simple à atteindre pour Madagascar, selon cet organisme de coopération technique conjoint de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced).














