Antananarivo, 20 Juin, 6h15 – 1 080 kilos de dorés envoyés en Turquie pour affinage, 1 080 kilos renvoyés à Madagascar sous forme d’or monétaire. Mission accomplie pour la Banky foiben’i Madagasikara (BFM) qui dispose désormais de ses premiers lingots d’or. L’un de ces lingots a été présenté comme échantillon durant le lancement de la célébration du cinquantenaire de la BFM, si le reste est bien gardé dans sa réserve, rassure le gouverneur de l’autorité monétaire, Aivo Andrianarivelo.
Le gouverneur parle de lingots avec un degré de pureté de 995/1000ème, la pureté minimale que les fabricants de lingots d’or doivent respecter pour être certifiés par le standard du London bullion market association (LBMA). Mais il y a également des lingots avec un degré de pureté de 999/1000ème, d’après ses explications. Ces lingots pèsent environ 12,5 kilos, indique-t-il.
Négociée au départ avec la raffinerie sud-africaine Rand Refinery puis avec des raffineries suisses, la conversion des dorés de la BFM en or monétaire a finalement été entreprise par l’Istanbul Gold Refinery. L’aboutissement de ce projet avec cet affineur Turc a pris un mois, d’après le gouverneur Aivo Andrianarivelo.
« Ce n’est que le début », souligne le président de la République Andry Rajoelina. L’Etat Malgache compte disposer d’au moins 4 tonnes de dorés par an pour la production de pièces mais également de lingots d’or, avance-t-il. « Avec ses ressources aurifères, il est inconcevable pour Madagascar de ne pas avoir de réserve d’or comme plusieurs pays africains, dont l’Algérie, l’Afrique du Sud ou encore l’île Maurice », lance le Chef de l’Etat.
L’achat de dorés par la Banque centrale auprès des opérateurs locaux devrait par ailleurs reprendre, rassure le gouverneur Aivo Andrianarivelo. La stratégie opérationnelle d’incorporation de l’or dans les réserves de change avait été déjà approuvée par le Conseil d’administration de la BFM au mois d’avril 2022. Le ministre Herindrainy Rakotomalala a pour sa part souligné que le protocole d’accord entre son département et l’autorité monétaire fait actuellement l’objet de révision.
L’or acheté auprès des opérateurs par la BFM ne doit pas seulement être d’une pureté supérieure mais doit surtout être de l’or éthique. C’est-à-dire que l’or livré à la banque centrale devra se distinguer entre autres par son respect des conditions de travail, des droits de l’homme et de l’environnement. En plus de remplir les obligations administratives, fiscales et parafiscales, les fournisseurs de la Banque centrale devront aussi s’engager à rapatrier les recettes en devises puis les céder sur le Marché interbancaire de devises (MID).














