Antananarivo, 22 Octobre, 10h45 – L’Etat semble douter des réelles intentions du grand patron de Madagascar Oil. Le président directeur général de Madagascar oil limited (MOL), également président exécutif de Madagascar Oil SA (Mosa), Al Njoo, est « sommé » « de venir rencontrer les plus hautes autorités du pays » pour « statuer sur les conditions de poursuite du projet Tsimiroro ».
Le président exécutif de Mosa a bien adressé un courrier aux autorités malgaches le 10 Août 2022, en réponse à la lettre qui lui a été envoyée le 27 Juillet, mais l’Etat malgache estime que « les demandes de transmission d’un plan de rattrapage et des garanties techniques et financières associées sont restées sans réponse ». Des explications sont également données par Al Njoo mais celles-ci « ne justifient en rien les défaillances ni les sept ans de retard constatés », assène le signataire de la deuxième lettre de l’Etat malgache.
Ce dernier voit au contraire dans les réponses du grand patron de Mosa un « refus de répondre clairement et spécifiquement aux demandes d’informations », ainsi qu’une « impossibilité à transmettre les preuves de ses capacités de financement ». Autant de défaillances qui, selon les autorités malgaches, « suscitent de nombreuses interrogations sur les intentions et les capacités » de l’actionnaire principal de Mosa à bien exécuter le développement du projet.
Pour justifier ses exigences envers Mosa, l’Etat martèle que « l’exploitation de l’huile lourde de Tsimiroro, une des ressources stratégiques de Madagascar, doit contribuer à la croissance du pays ». « Chaque retard et non-respect du calendrier prive Madagascar de revenus en termes de taxes et de redevances, et ce depuis sept ans », souligne la lettre adressée à Al Njoo. « Cela impacte de façon néfaste sur les projections de recettes et donc d’investissements de l’Etat », peut-on encore y lire.
La production de pétrole brut à Tsimiroro est en arrêt depuis 2016. Or, l’Etat rappelle que selon le plan de développement de cette compagnie, sa production actuelle devra déjà être à 25.000 barils par jour. Pour l’instant, Madagascar dispose Par ailleurs, la compagnie dispose encore d’un stock de plus ou moins 23.000m3 d’huile lourde prête à être commercialisée.
L’équipe locale de Madagascar Oil a pu conclure des contrats de vente du fuel lourd de la compagnie auprès d’industriels dans l’agroalimentaire, le textile ou encore la cimenterie dans la région de Vakinankaratra. Ces contrats ne permettent cependant à la compagnie que d’écouler une infime partie de son stock.
Photo : Madagascar Oil














